‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 56 sur 203 · Etienne de B. Edit. Lecoy de la Marche, p · texte numérisé non relu

Etienne de B. Edit. Lecoy de la Marche, p

nard Guidonis, le feu matérielqui avaitrespecté l'homme de Dieu . éteignit en cette femme toutes les ardeurs du vice '. » A partir de ce jour, ajoute un autre écrivain, l'Ordre des Frères-Prêcheurs, récent de date, s'affermit par toute l'Espagne et fut porte aux nues dans l'estime des peuples — convaluit sublimari*. 1

C'était aussi une âme très pure et gratifiée des faveurs divines que celle du bienheureux Mannès, frère utérin de saint Dominique. L'antiquité l'appelle un homme de haute contemplation, saint dans sa vie et qui mourut saintement s. Il est qualifié, d'autre part, de« prédicateur fervent, recommandable par ses mœurs, doux, humble, joyeux et bienveillant ". » En 1217, il faisait partie du' groupe des sept disciples destinés à prendre possession de Pans. Puis il fut envoyé en Espagne. Dans une lettre qui ne peut être antérieure à la fin de 1220, saint Dominique, prenant occasion du transfert des Sœurs de Madrid dans les bâtiments élevés pour les Frères, félicitait ses filles bien-aimées, de ce que désormais « elles jouissaient d'un local où l'observance leur serait plus facile ». Il les exhortait à profiter de cette grâce et, en même temps, il les plaçait sous l'autorité de son très cher frère Mannès, t qui, disait-il, a tant travaillé pour votre maison et vous a affermies dans votre saint état ».

Le bienheureux Mannès vécut assez pour être témoin des honneurs rendus par l'Eglise à la sainteté de son incomparable frère. On le rencontre un jour prêchant au village de Calaruega, berceau de sa famille. Il engageait le peuple à élever une église sur les lieux où le Saint

Page 1