Sauf celle de Cordoue, qui sert encore de cathédrale
Ces choses sont racontées par l'illustre archevêque de Tolède, au fur et à mesure qu'elles s'accomplissent. On sent qu'il est fier de son œuvre, et il en a le droit. « O merveilleuse construction, s'e'crie-t-il, qui , sous nos yeux, se complète tous les jours, non sans provoquer un concert unanime d'admiration 1 ! »
Luc de Tuy ne peut manquer de saluer d'un cri d'admiration la cathédrale naissanteet sa contemporaine et rivale, la cathédrale de Burgos, et toute cette foule d'édifices religieux, civils et militaires, qui sortent spontanément du sol, comme les épis serrés d'un champ. « En ce tempslà, écrit-il, le Révérendissime Père Rodrigue, archevêque de Tolède, édifia magnifiquement son église métropolitaine. Le très prudent Maurice, évêque de Burgos, entreprit la belle et solide construction de sa cathédrale, et Jean, le très sage chancelier du roi Ferdinand, fonda l'église de Valladolid et la dota glorieusement. Promu ensuite au siège d'Osma, il mit la main à l'œuvre considérable de l'église de cette ville. Parmi d'autres entreprises conduites très sagement, le noble Nuno, évêque d'Astorga, fit restaurer à grands frais les murs de la cité, la demeure épiscopale et le cloître de la cathédrale. Cet arbitre du droit, Laurent, évêque d'Orense, construisit en pierres de taille son église et son palais; il fit jeter un pont sur le Minô, au-dessous des murs de la ville. Le généreux Etienne, évêque de Tuy, éleva en solides matériaux, acheva et consacra sa cathédrale. Le pieux et noble Martin, évêque deZamora, ne cessait de prendre une partie active à la construction des églises, à la restauration des monastères, à l'édification des ponts et des hôpitaux.
r. Cujus fabrica opère mirabili de die in diem, non sine grandi admiratione hominum, exaltatur, (Boll. Die xxx°maji, p. 3i2, c. 2.)
« C'est à ces saintes entreprises et à d'autres encore que s'appliquent les bienheureux pontifes et abbés et d'autres dont les noms sont au livre de vie. Le glorieux roi Ferdinand et sa mère très prudente, la reine Bérengère, concourent à ces oeuvres par leurs largesses. Pour orner les églises du Christ, ils font de grandes dépenses en or, en argent, en pierres précieuses, en étoffes de soie. » Cette tirade, d'une admiration qui confine au lyrisme, se termine par des lignes qui, nous ayant servi d'introduction pour le présent chapitre, demandent à être remises sous les yeux du lecteur, a Dans le même temps, continue l'historien, les Frères-Prêcheurs et Mineurs construisaient des monastères par toute l'Espagne, et partout et sans cesse la parole du Seigneur est annoncée. »
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