‹ Saint Séverin, apôtre du Norique (453-482): (453-482)Chapitre 14 sur 81 · I. Eug,, m · texte numérisé non relu

I. Eug,, m

disait-il, pourront vous délivrer de» tortures de la faim^ 9 Le peuple comprit, et géuéralement obéit à ses conseils. Cependant Se vérin ne se contentait pas de prier et de présider aux exercices de pénitence. Son activité, l'esprit d'organisation qu'il devait manifester avec tant de force, se donnèrent carrière. Il se rendit compte des ressources de la ville. Il ne souffrit pas que l'égoïsme ou l'intérêt dissimulassent ce qui, dans une commune détresse, devait être d'un commun usage. Il apprit ainsi qu'une riche veuve, nommée Procula, cachait une grande quantité de froment. Avec l'autorité qu'il tenait de la confiance populaire et qui équivalait à un mandat, il la fit comparaître publiquement : « Pourquoi, lui ditil avec véhémence, pourquoi te fais-tu l'esclave de ta cupidité, qui n'est, comme le dit l'Apôtre, qu'un asservissement aux idoles'? Voici que le moment approche où Dieu prendra en pitié ses serviteurs, et toi tu n'auras plus que faire de ce bien injustement caché. A moins, ajouta-t-il avec dérision, que tu ne montres aux poissons, en jetant ton blé au Danube, cette humanité dont tu as refusé d'user envers les hommes. C'est pourquoi, songe, dans ton intérêt plus encore que dans

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celui des pauvres, à faire usage de ces ressources que tu prétends garder pour toi, tandis que le Christ a faim^ !» Et la veuve, épouvantée, de partager aussitôt sa réserve avec les pauvres.

Bientôt, comme le saint Tavait annoncé, un dégel survint, et Ton vit apparaître, venant de la Hhétie, des navires chargés de denrées qui ramenèrent Tabondance à Favianes.

Alors, un unanime concert de louanges s'éleva en l'honneur de Séverin. « Déjà, s'écriaient-ils, ils se voyaient sur le point de périr et s'abandonnaient au désespoir, lorsque, grâce aux prières du saint homme. Dieu avait miraculeusement rompu les glaces qui empêchaient les barques attendues de parvenir jusqu'à eux*. »

Le péril de la faim était conjuré, mais non celui des Barbares. Ils rendaient la situation intenable aux habitants de Favianes. Quiconque s'aventurait hors des murs risquait d'être enlevé. Nulle sécurité pour le bétail. Tout était la proie des pillards.

C'est ici que le génie de Séverin, si varié et si fécond en ressources, se révèle à nous pour la première fois sous un aspect imprévu. Contraint par la nécessité, l'homme de la prière et de la

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