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valt aussi temporairement des laïques et des prêtres qui se proposaient d'y faire des sortes de retraites. C'est là que venaient le trouver, par dévotion ou par nécessité, tous ceux que son renom de sainteté, de sagesse et de charité incitait à solliciter de lui des secours temporels ou spirituels, là aussi que se réfugiaient, comme en un asile aussi inviolable aux yeux des Romains qu'à ceux des Barbares, les hommes que la politique chassait loin de leurs foyers. Ils étaient sûrs de trouver auprès de lui asile et protection. Nul n'osa jamais toucher à celui qu'il avait pris sous sa garde.
Outre une foule d'hôtes de passage, nous connaissons assez bien quelques-uns de ses disciples préférés et de ses agents les plus dévoués. Ils sont de toutes provenances. Parmi ses moines, on voit des Barbares convertis; entre les Romains et les indigènes, ce ne sont pas les figures les moins touchantes; puis ce sont des prêtres, des laïques, des soldats, des indigènes du Norique, des Romains, des étrangers venus de fort loin. Quelque diverse que soit leur origine, tous portent l'empreinte de Séverin. Leurs vertus, leurs manières d*agir sont tout à l'exemple de cet homme qui pendant trente ans et plus fut l'âme de toute une province. Nous pourrions évoquer ici leurs images, si vivantes à nos yeiix : Amantius le diacre, chargé
des missions les plus périlleuses ; le prêtre Lucillus, d'abord cher à Yalens, évéque de Boitro, qui assuma après Amantius la tache difficile et dangereuse de rechercher les captifs, et qui enfin, vieux et décrépit de corps, bien avant la mort de saint Séverin, mais toujours jeune d'esprit et de cœur, devait cependant lui succéder comme abbé de Favianes, et vivre encore assez longtemps pour présider au transfert du saint corps en Italie ; c'est le laïque Maximus, originaire du Norique, homme d'un haut mérite, hôte fréquent de Favianes, le plus admirable agent de charité qu*ait formé Se vérin, qui dans les temps les plus difficiles s'acquitta heureusement d'une mission délicate, si intimement mêlé à l'œuvre du saint que de son vivant la légende s'empara de lui ; c'est Moderatus, humble chantre de la basilique de Favianes, qui dut son salut temporel à sa foi inébranlable dans la parole du saint; c'est le prêtre Paulinus, du haut Norique, l'iin des plus exacts disciples de Séverin, qui devenu évêque s'approprie la méthode du maître et, dans une terrible incursion des Alamans, usa comme lui-même des armes spirituelles ; voici le sous-diacre Marcus, etMaternus, simple portier de l'éghse de Quintana, à qui leurs vertus modestes vaudront l'honneur d'être initiés aux plus secrètes manifestations du mysticisme de Séverin; puis
Marciamis, futur abbé des moines de Se vérin en Italie et qui partageait avec son frère Renatus le danger des missions lointaines; et encore Ursus, le barbare converti; et le moine Valens, messager fidèle ; et la belle figure de Constantius, évèque de Lauriacum, oncle et maître après Se vérin de Tenfant prédestiné qui devint saint Antoine de Lérins. 11 nous serait facile d'en nommer encore d'autres, mais nous les retrouverons tous au cours de notre récit. Nous trouverons aussi, en petit nombre, les tièdes, les indécis, les rebelles. Qu'il nous sufiise, en terminant cette énumération un peu sèche, d'observer que saint Se vérin, comme tous les grands conducteurs d'hommes, avait le don de voir jusqu'au fond des âmes et l'art de tirer parti de tous les mérites et de toutes les capacités.