‹ Saint Séverin, apôtre du Norique (453-482): (453-482)Chapitre 37 sur 81 · Eug,^ XXII · texte numérisé non relu

Eug,^ XXII

a. EUg.y XXIV*

riacrédulîté générale. Que signifiait cette crainte, puisque décidément il n'y avait aucun danger? Et il en était si sûr qu'il voulait à toutes forces retenir l'envoyé pour le faire jouir des plaisirs de l'hospitalité. Mais celui-ci connaissait par expérience l'infaillibilité des prévisions de Séverîn. Il n'accepta donc point et repartit sur-le-champ. Bien lui en prit, car la nuit même qui suivit son départ, les Hérules, dont nul autre que le saint n'avait deviné les projets, firent soudain irruption, pillèrent la ville, firent un grand nombre de captifs, et parmi ceux qui périrent fut l'infortuné Maximianus. Les Barbares le pendirent. Se vérin, qui avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour détourner ce sort cruel, en ressentit une grande douleur.

La vie de cet homme dévoué, quelque sympathie qu'il rencontrât la plupart du temps dans le peuple et le clergé, n'était donc pas, il s'en faut, exempte de luttes. Il lui fallait, au contraire, être sans cesse sur la brèche.

La tyrannie des Barbares et la misère n'étaient pas les seuls fléaux dont souffrit le Norique. L'anarchie traînait après elle son cortège de maux et de désordres. Un parfait accord régnait généralement entre les citoyens et le clergé, et cet accord est comme une touche clairaqui atténue la

tonalité sombre du tableau. Mais il se présentait parfois des circonstances particulièrement déli-. cates où une partie du peuple échappait momentanément à Faction du clergé : ici encore Tascendant du saint était d'un grand secours aux églises locales. Une étrange affaire, qui eut pour théâtre le bourg de CucuUis, nous en offre un exemple*. Le saint y était extrêmement aimé ; non seulement il y était toujours bien reçu , mais encore on le priait dV venir le plus souvent possible. Cependant, la population semble y avoir été plus troublée encore qu^ailleurs. Une partie en était mal affermie dans le christianisme. On y était en outre fort malheureux. Il est àprésumerque ces populations, éloignées d'un grand cours d'eau, souffraient plus encore que les riverains du Danube ou de Tlnn de la difficulté des transactions, et les incursions des Barbares n'y étaient ni moins fréquentes ni moins cruelles. Le découragement était extrême a CucuUis, et dans leur désespoir de ne pas obtenir du Dieu des chrétiens le secours qu'ils en attendaient, la foi de quelques-uns chancelait. On voyait des chrétiens retourner aux cultes mal oubliés du paganisme. Or, à un certain moment, des rumeurs sinistres se répandirent en ville. On

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