‹ Saint Séverin, apôtre du Norique (453-482): (453-482)Chapitre 47 sur 81 · I. Ei4g., VII · texte numérisé non relu

I. Ei4g., VII

a. Tous les historiens qui racontent la chute de Tem-

Pendant les premières années de Tapostolàt de Séverin', les Ruges avaient pour roi un certain Flaccithée. Il était d'un caractère assez timide et pacifique pour un Barbare. Quand la rumeur publique lui eût appris les mérites de Séverin et ses dons extraordinaires, quoique arien, il voulut le connaître. Bientôt il fut sous le charme. Il ne prenait plus une résolution grave sans le consulter, et si sages étaient les avis du saint, si invariablement vérifiées ses prédictions, qu'il

pire romain, relatent ce célèbre épisode. Il est singulier qu'aucun n'ait fait cette remarque qu'Odoacre n'était certainement pas un inconnu pour Séverin, au moins de réputation. Odoacre, en effet, après la défaite de sa tribu et la mort de son père, survenue en 4^5, s'était mis à la tête d'une bande de ses compatriotes et, pendant quelques années, avait exercé le brigandage dans ces régions. Il était quelque chose en somme comme un chef de Scamares. Comment sa personnalité, déjà si marquée, eût-elle échappé à Séverin à qui rien n'échappait? Il avait donc pu apprécier les dons naturels de cet irrégulier, et quand il le vit, las de cette existence bruule, aller en Italie chercher un genre de vie plus stable et plus normal, il put sans difficulté pressentir qu'il irait loin. En outre, on dénature souvent, pour en forcer le sens, les paroles de Séverin. Eugippius lui fait dire simplement : a Vade ad Italiam^ vade^ vilissimis nunc pellibus coopertus, sed multis cito plurima largiturus. j> Après l'événement, il fut aisé de tourner ces paroles en prophétie comme Odoacre semble l'avoir fait lui-même, mais elles n'ont pas la précision qu'on leur a prêtée. Il lui promet une carrière brillante, mais sans faire aucime allusion au rang suprême. £iig*^ VII.

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écoutait ses paroles comme si, nous dit-on, un oracle divin eût parlé par sa bouche S

Séverîn profitait de cette confiance pour multiplier les conseils de paix et de modération. Grâce à ces cordiales relations, la condition des Romains ne fut pas trop aggravée par les Ruges au cours du règne de Flaccithée. Même ils consentirent à leur servir de défenseurs, et c*est ainsi que des Barbares tenaient garnison à Favianes et en d^autres lieux, d'accord avec les Romains. Nous avons déjà dit les inconvénients et Finefficacité de leur présence. Mais il fallait savoir se contenter de peu.

Les Ruges avaient d'ailleurs un motif sérieux d'éviter des hostilités trop directes avec leurs voisins du Norique, si faibles fussent-ils. C'est qu'ils en avaient d'autres en Pannonie, beaucoup plus nombreux qu'eux-mêmes, braves, brutaux, aiTogants et pleins d'orgueil, comme il convenait à des Barbares qui tant de fois avaient tenu dans leurs mains le sort du peuple romain. Aussi professaient-ils pour le petit peuple des Ruges un profond mépris, et ils le lui faisaient bien voir, car ils le traitaient à peu près comme les Ruges eux-mêmes traitaient les Romains. C'est pourquoi

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