‹ Saint Séverin, apôtre du Norique (453-482): (453-482)Chapitre 9 sur 81 · ARRIVÉE DE SAINT SÉVERIN EN NORIQUE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DE SAINT SÉVERIN EN NORIQUE

rheure qu'avait annoncés Thomme de Dieu! »

A ces mots, la curiosité des gardes s'éveille. Tout anj^ieux, ils lui demandent : « Eh! quoi? Seraitce celui-là même qui, lorsque nous avons perdu tout espoir, nous promet les secours de la Divinité ?» Et comme il ne pouvait répondre, on le laisse passer. Il court à Téglise, et reconnaissant son hôte dans la personne du prédicateur improvisé, il se jette à ses pieds, le proclame son sauveur, aux mérites duquel il doit la grâce de n'avoir pas été massacré avec tous ses concitoyens. A cette vue les assistants s'émeuvent. Ils supplient rhomme de Dieu de leur pardonner leur méfiance, ils se déclarent prêts à suivre en tous points ses conseils : sans plus tarder on décide un jeûne de trois jours et pendant trois jours, la foule des fidèles, rassemblée dans l'église, avec des pleurs et des gémissements fait pénitence de ses erreurs passées. Le troisième jour, au soir, comme le sacrifice s'achevait, un tremblement de terre ébranle la cité. Épouvantés, les Barbares qui occupaient la ville contraignent les Romains de leur faire ouvrir les portes* et se précipitent

I. Faut-il conclure de cette circonstance que les Barbares étaient sous les ordres de chefs romains ou désignes par les habitants du bourg? Cette explication nous paraît la seule de ce détail singulier à première vue. Eug., II, i.

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au dehors. Leur propre tumulte achève de les troubler. Trompés par Tobscurité, convaincus que Tennemi est devant eux, ils se jettent les uns sur les autres et se percent mutuellement de leurs glaives. Les autres Barbares ne parurent pas et le peuple de Comagène, ravi d*ètre ainsi débarrassé de ses encombrants protecteurs se répandit en actions de grâces. C'est ainsi, ajoute le chroniqueur, que sauvé par le secours d'en haut, il apprit à se servir des armes spirituelles ^

Et comme ils interrogeaient le vieillard d*Astura et cherchaient à apprendre de lui qui était cet homme, il leur répondit seulement qu'il s'appelait Séverin et venait des pays d'Orient.

Tels furent les débuts de saint Séverin dans la vie publique et dans la prédication. Sur ses origines, personne n'en sut jamais plus que n'avait pu dire le portier de l'église d'Astura. Rien cependant ne piquait davantage la curiosité. C'était un sujet fréquent d'entretien parmi les nombreux clercs ou laïques, étrangers ou indigènes, qui l'approchaient ou vivaient avec lui familièrement*. Ils se demandaient entre eux qui pouvait

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