‹ Saint Séverin, apôtre du Norique (453-482): (453-482)Chapitre 8 sur 81 · ARRIVÉE DE SAINT SÉVERIN EN NORIQUE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DE SAINT SÉVERIN EN NORIQUE

les exhorte, les presse, on refuse de l'écouter davantage. Alors, Thomme de Dieu, enflammé d'une sainte colère et d'une juste indignation, sort du saint lieu, retourne à la maison de son hôte, lui prédit le jour et l'heure du désastre : € Pour moi, ajoute-t-il, je quitte cette ville opiniâtre et vouée à une destruction prochaine! » Tout près d'Astura s'élevait, également au bord du Danube, le bourg fortifié de Comagène. De même qu'Astura, G>magène en des temps meilleurs avait possédé une garnison romaine. Mais elle s'en était retirée. Les habitants, incapables de se défendre eux-mêmes avaient dA recourir à cet expédient dont l'Empire lui-même n'avait que trop souvent fourni l'exemple ; ils avaient traité avec des Barbares, et ceux-ci s'y étaient établis. Tyrans autant que protecteurs ils s'étaient rendus insupportables ^ Ils exerçaient une garde sévère sur les portes de la ville ; il était également difficile d'entrer et de sortir. Le fugitif d'Astura s'y présenta. Contrairement à leur habitude, les Barbares, bien qu'ils ne le connussent pas, ne

I , C'est ainsi que nous expliquons l'apparente contradiction où tombe Eugippius (II in fine) qui, à la fin de rëpisode, nous montre la joie de la population de Comagène de se voir débarrassée de gardiens pourtant agréés ou sollicités par elle, sans plus faire aucune allusion à l'ennemi du dehors, .

rinterrogèrent ni ne l'arrêtèrent. Aussitôt il se rendit à l'église du lieu, où le peuple se trouvait alors assemblé. Une aveugle insouciance, du moins à ce moment, n'obscurcissait pas les esprits à Comagène comme à Âstura. Bien au contraire, informés des mouvements des Barbares, ils en étaient à désespérer de leur salut.

Ici encore la voix de l'inconnu s'élève dans rassemblée : la prière, le jeûne, les aumônes, voilà les armes du chrétien, et à l'appui, il rappelle les exemples de l'antiquité sacrée, où contre toute espérance. Dieu avait délivré son peuple du péril. La foule émue, surprise, ne savait qu'en penser. Quelle garantie avaient-ils de l'autorité de cet homme ? Devaient-ils se fier à la parole d'un inconnu, s'en remettre à sa direction sans enquête, ni renseignements?

Tandis qu'ils restaient ainsi en suspens \ une autre scène avait pour théâtre l'entrée de la ville. Un vieillard se présentait aux .portes et demandait à entrer. Les Barbares de garde l'interrogent : « Qui était-il, d'où venait-il, que voulait-il? » Alors le vieillard, encore tout bouleversé, leur raconte l'irruption de l'ennemi, la mise à sac de sa ville : « Et, ajoutait-il, tout cela est arrivé au jour et à

I. Eug..^ I, 5, cumque salutem omnium in Ipso dùcrimtnls articule promit tenti credere duiitarent,,,'.

Page 1