ARRIVÉE DE SAINT SÉVERIN EN NORIQUE
rheure qu'avait annoncés rhomme de Dieu! »
A ces mots, la curiosité des gardes 9*éveille, Tout anxieux, ils lui demandent :«£!]! quoi? Seraitce celui-là même qui, lorsque nous avons perdu tout espoir, nous promet les secours de la Divinité? j* Et comme il ne pouvait répondre, on le laisse passer. Il court à réglise, et reconnaissant son hôte dans la personne du prédicateur improvisé, il se jette à ses pieds, le proclame son sauveur, aux mérites duquel il doit lagrâcede n'avoir pas été massacré avec tous ses concitoyens, A cette vue les assistants s'émeuvent. Ils supplient rhorame de Dieu de leur pardonner leur méfiance, ils se déclarent prêts à suivre en tous points ses conseils : sans plus tarder on décide un jeûne de trois jours et pendant trois jours, la foule des fidèles, rassemblée dans Téglise, avec des pleurs et des gémissements fait pénitence de ses erreurs passées. Le troisième jour, au soir, comme le sacrifice s'achevait, un tremblement de terre ébranle la cité. Épou vantés, les Barbares qui occupaient la ville contraignent les Romains de leur faire ouvrir les portes' et se précipitent
I, Faut- il conclure de cette circonstance qoe les Barbares (fuient sous les ordres de chefs Tomaîus ou design*?» par les habitants du bourg? Cette explication nous parait la i€ule de ce détail singulier à première vue. Sug.^ Ih i-
SAIHT SÉVERIN. 3
au deliors. Leur propre tumulte achève de lei troubler. Trompés par robscurité, convaincus que Tennemi est devant eux, ils se jettent les uns sur les atitres et se percent mutuellement de leurs glaives. Les autres Barbares ne parurent pas et le peuple de Comagèncj ravi d'être ainsi dé barrasse de ses encombrants protecteurs se ré pandit en actions de grâces* C'est ainsi, ajoute le chroniqueur, que sauvé par le secours d'en liaut| il apprit à se servir des armes spirituelles'*
Et comme ils interrogeaient le vieillard d'Astura et cherchaient à apprendre de lui qui était cet homme, il leur répondit seulement qu'il s'appelait Séverin et venait des pays d'Orient.
Tels furent les débuts de saint Séverin dans h vie publique et dans la prédication. Sur ses ori* gines, personne n'en sut jamais plus que n'avait pu dire le portier de l'église d*Astura, Rien cependant ne piquait davantage la curiosité. C'était un sujet fréquent d'entretien parmi les nombreux clercs ou laïques, étrangers ou indigènes , qui l'approchaient ou vivaient avec lui familièrement*. Ils se demandaient entre eux qui pouvait