‹ Saint Severin, apôtre du Norique (453-482)Chapitre 12 sur 64 · ARRIVÉE DE SAINT SE VERIN EN NORIQUE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DE SAINT SE VERIN EN NORIQUE

être cet homme dont les vertus brillaient d'un éclat si extraordinaire. A la pureté de son langage, on reconnaissait un Romain' de race. L'aisance de ses manières, Tautorité qui émanait de toute sa personne, Texpérience qu'il semblait avoirdetoutes choses, mémedecelles delà guerre, trahissaient une naissance élevée, une éducation soignée, l'habitude du commandement. Dans la conversation, il lui arrivait de nommer quelques villes d'Orient comme si elles lui étaient familières, il faisait allusion à d'immenses voyages aux périls desquels il n'aurait échappé que par miracle. On en concluait qu'il avait dû naître en Italie, à Rome ou dans les environs, que sans doute il avait rempli quelques charges, puis que le désir d'une vie parfaite l'avait poussé, comme tant de chrétiens illustres, à chercher la solitude en Orient, d'où une impulsion divine l'avait fait revenir pour porter remède aux maux qui accablaient les contrées du Danube'. Chose singulière !

longinquis ad eum regionibus confluentes saepîus haesitaverint inter se quaerentes, cujus nationis esset,,,,

1. Encore quelques manuscrits portent -ils africanum. Mais la version que nous donnons est adoptée par les meilleurs éditeurs et beaucoup plus satisfaisante.

2. Nous ajoutons quelques traits au texte plus sobre des « notes » d'Eugippius, mais rien qui ne ressorte avec évidence soit de ce texte , soit du caractère même de Séverin.

Tel était le respect mêlé de crainte qu'il iuspirail, que [xersonne n*osait lui poser une quedtiotii en apparence bien naturelle.

Une fois cepencJani en crut avoir trouvé Toccasion de salislalre cette curiosîté*. Après qu'Odoacre eût détrôné Romulus Augustule et laît périr le patrtce Oreste, père du jeune empereur, des Italiens fugitiTs arrivèrent dans le Norîque. L'un d'eux, prêtre de noble famille, homme considérable par la gravité de son caractère autant que par la situation qu'il avait occupée à Rome (il avait été lo maître d'Ores te qui rappelait son père), reçut rhospitalité de Se vérin et vécut avec lui dans la plus étroite intimité. Ce prêtre s'appelait Primenius* Nul ne semblait plus qualifié que lui pour obtenir Taveu tant désiré. On le pria d'interroger le saint. Il y consenlitT ^t Tabordant, sans autre préambule» lui demanda : tf Saint homme, de quelle province Dieu a-t-il daigné envoyer une telle lumière à ces régions? » Se vérin se prit à rire et dit : « Si tu me prends pour un esclave fugitif, prépare donc la somme dont tu pourras me racheter si l'on vient me réclamer^, d Puis, sur un ton plus grave ; « Qu'im porte pour un serviteur de Dieu d'oii il vient et

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