Eug., XXV
4. Eug,^ XLIII. Tout le discours qu'il leur adresse ayant de mourir. V. plus loin, chap. viii.
r&cuUuseV, Le rachat des captifs, cûtnnie nous le verroûs plus loto, était une de ses eharîtéâ ordinaires. Or, un jour qu'il avait racbeté toute une famille enlevée par les Barbares, il ordonna au père de passer le Danube et de rechercher sur les marchés des Barbares un homme qu'il ne connaissait pas de vue» mais dont, selon Eugippius, g^râce au don prophétique qu'il possédait, il put lui donner le signalement complet : stature^ couleur des cheveux, traits du visage et habillemeatf rien o*^ manquait.
Il ajouta en outre de quel côté devaient porter ses recherches. Quand il l'aurait trouvé, quelques paroles que lui eût dites cet inconnu, il devait venir les lui rapporter. L'homme partit, mais sans grande confiance. Grande fut sa surprise de trou* ver sans peine Tinconnu que le saint lui avait décrilp Comme il le considérait, muet d'éionnemenlj celui-ci lui adressa le premier la parole ; « Croîs-tu, lui dit-il, que je puisse trouver, à n'importe quel prix, quelqu*un qui consente à me conduire vers cet homme de Dieu dont la renommée s'est répandue partout? Voici longiemps que je supplie en vain les saints martyrs dont je porte les reliques de me libérer enfin d*une charge que j'ai reçue, quoique
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indigne, non par une téméraire présomption, mais par une religieuse obligation ^ » Apparemment celui qui parlait ainsi était un moine, comme les derniers mots le font présumer. Alors Tenvoyé se fit connaître, conduisit Tinconnu vers Séverin, et c^est ainsi que les reliques des saints Gervais et Protais enrichirent la basilique du monastère, où elles furent déposées en grande pompe par le clergé de Favianes*.
Le monastère de cette ville devait rester le principal, mais non pas le seul. Tour à tour Séverin en fonda plusieurs autres^ composés seulement de quelques cellules. C'étaient autant de postes d*où son action rayonnait en tous sens. Lui-même y résidait volontiers lorsqu'une affaire le retenait dans la région ou si les habitants d'une ville voi* sine lui faisaient appel, comme il arrivait souvent. Nous ignorons d'ailleurs où ils étaient situés, à l'exception d'un seul, celui de Boitro, au confluent
I. Eug,^ IX, 1. Quod (ministerium) hùc usque non ternerarîa prœsumptione sed religiosa necessitate sustinui,
a. Ce trait nous paraît un indice que Séverin avait conservé des relations secrètes avec cet Orient où il avait vécu et d*où venait Tinconnu, porteur de reliques destinées au saint. En effet, cet homme arrive par la rive gauche du Danube, puisque Séverin fait passer le fleuve à son envoyé. Sans doute, Séverin était informé de la date prohahle de sa venue et n'ignorait pas qui il était, mais il n'éprouva pas le besoin de faire des confidences à celui qu'il envoyait à sa rencontre.
Je rion €i du Danube, en face de Passau qui élail sur Tautre rive. Cette positioi]^ à la limite de h Rhétie et da Norique, était des plus importantes au point de vue stratégique, et nous montre avec quelle judicieuse intelligence Séverin cboisissait remplacement de ses monastères. En effet lemhouchure de Tlnn marquait aussi la limite dea terres assignées aux Ruges; au delà étaient les Thurin^es, et de Tautre côté de Flnn les Alamans, plus puissants que les Ruges et qui n'épargnaient guère plus leur territoire que celui des Romains. Aussi les citoyens de Passau avaient-ils souvent recours aux bons ofllces du saint qui avait su prendre de Tinflueuee sur Tesprit de Gibuld^ roi des Alamans.
A Boiiro également il y avait une basilique, Elle était consacrée à saint Jean-Baptiste, mais resta longtemps privée de reliques. Les moines en désiraient avec ardeur'. Un jour qu'ils se faisaient plus pressants auprès du saint pour en obtenir, il leur fit cette réponse mélancolique : a Toutes les œuvres humaines sont périssables. Mais celle-ci entre toutes doit être de peu de durée. Cependant ne prenez aucun souci de chercber les reliques que vous réclamez. Je vois que saint Jean -Baptiste