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nous accorde de lui-même ses faveurs. » Puis il retourna à Favianes.
Or, quelques jours plus tard, après la lecture de rËvangile, il se leva soudain et donna Tordre qu^on lui préparât une barque sans tarder. Et comme les moines s'étonnaient : « Dieu soit béni, s*écria-t-il, voici qu*il est temps de nous occuper des reliques de nos saints martyrs! » Il passe le Danube avec quelques compagnons, et, comme ils débarquaient sur Tautre rive, ils y trouvent un homme qui. s'y tenait immobile. A leur vue, il les supplie de le conduire vers le serviteur de Dieu dont la renommée lui avait inspiré un vif désir de le voir. Séverin se fait connaître, et l'inconnu avec les marques de la plus grande vénération lui offre des reliques de saint Jean-Baptiste qu'il conservait depuis longtemps. Séverin les reçut avec joie, se rendit à Boitro, et, comme il Tavait annoncé, put consacrer, par le ministère des prêtres, la basilique de saint Jean, grâce à cette faveur qui leur était venue d'elle-même M
Si le principal objet de Séverin dans ses monastères était la formation de ses moines, il y rece-^
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vait aussi temporairemen t des laïques et des prêtres qui se proposaient d'y faire des sortes de retraites. C'est là que venaient le trouver^ par dévotion ou par uécessîté, tous ceux que son renom de sainteté, de sagesse et de charité incitait à SDlliciter de lui des secours temporels ou spirituels, la aussi que se rérugiaieut) comme en un asile aussi inviolable aux yeux des Romains qu'à ceux des Barbares» les hommes que ta politique chassait loin de leurs foyers. Ils étaient sûrs de irouver auprès de lui asile et protection. Nul n'osa jamais toucher à celui qu'il avait pris sous sa garde.
Outre une foule d'hôtes de passage, nous coûnaissons assez bien quelques-uns de ses disciples préférés et de ses agents les plus dévoués. Ils sont de toutes provenances. Parmi ses moines, on voit des Barbares convertis ; entre les lloraains et les indigènes, ce ne sont pas les figures les moios touchantes; puis ce sont des prêtres, des laïqueSt des soldats, des indigènes du Norique, des Romains, des étrangers venus de fort loin. Quelque diverse que soit leur origine, tous portent l'empreinte de Séverin. Leurs vertus, leurs manières d'agir sont tout à Texemple de cet homme qui pendant trente ans et plus fut rânie de toute uae province. Nous pourrions évoquer ici leurs images, si vivantes à nos yeux : Amautius le diacre, chargé
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des missions les plus périlleuses; le prêtre Lucillus, d^abord cher àValens, évéque de Boitro, qui assuma après Amantius la tache difficile et dangereuse de rechercher les captifs, et qui enfin, vieux et décrépit de corps, bien avant la mort de saint Séverin, mais toujours jeune d'esprit et de cœur, devait cependant lui succéder comme abbé de Favianes, et vivre encore assez longtemps pour présider au transfert du saint corps en Italie; c'est le laïque Maximus, originaire du Norique, homme d'un haut mérite, hôte fréquent de Favianes, le plus admirable agent de charité qu'ait formé Séverin, qui dans les temps les plus difficiles s'acquitta heureusement d'une mission délicate, si intimement mêlé à l'œuvre du saint que de son vivant la légende s'empara de lui ; c'est Moderatus, humble chantre de la basilique de Favianes, qui dut son salut temporel à sa foi inébranlable dans la parole du saint; c'est le prêtre Paulinus, du haut Norique, l'un des plus exacts disciples de Séverin, qui devenu évêque s'approprie la méthode du maître et, dans une terrible incursion des Alamans, usa comme lui-même des armes spirituelles ; voici le sous-diacre Marcus, etMatemus, simple portier de l'église de Quintana, à qui leurs vertus modestes vaudront l'honneur d'être initiés aux plus secrètes manifestations du mysticisme de Séverin; puis
Marcienus, futur abbé des moiaes de Séverin en Italie et qui partageait avec son frère Kenatus le danger des missions loîûtames; et encore Ursu^, le barbare converti; et le moine Valens, messager fidèle; et k belle Ggure de ConstantiuSf évêque de Lauriacum, oncle et maître après Séverin de TeofaTit prédestiné qui devint saint Antotue de Lérins. Il nous serait facile d'en nommer encore d'autres^ mais nous les retrouverons tous au cours de notre récit. Nous trouverons aussi, en petit nombre, les tièdes, les indécis, les rebelles. Qu'il nous suffise, en terminant cette énumération un peu sècbe, d'observer que saint Séverin, comme tous les grands conducteurs d'iiommes, avait le don de voir jusqu'au fond des âmes et l'art de tirerpartîde tous les mérites et de toutes les capacités.