‹ Saint Severin, apôtre du Norique (453-482)Chapitre 26 sur 64 · I. Eug,, XXXVIÎl · texte numérisé non relu

I. Eug,, XXXVIÎl

SAINT SÉVERm.

Ceit aiusi, nous dit Etjgippius, que très souvent îl prévoyait les maladies qui menaçaient ses moines et les guérissait. Aux yeux du peuple comme à ceux des Barbares cette prévision et ce^ cures heureuses étaient autant de miracles.

Mais la santé du corps, comme nous venons de le dire, était pour lui peu de chose au regard de celle de Tâme- Il savait que la maladie est le triomphe des forts et tirait parti de cette sorte d'épreuve pour le plus grand bien de ses disciples. Parmi les moines de Faviaues était un certain BouosuSf Barbare qui s'était pris d*admiration pour Séveriu, avait abandonné Tarianisme et s'était fait religieux'. Il fut atteint d'une maladie des yeux qui le faisait beaucoup souffrir et le menaçait de cécité. Or, Séveriu ne tentait rien pour lui. Bonosus en avait le cœur plein d'amertume, < Était-il juste» disait-il, que le maître répandit ses faveurs sur des étrangers et n'essayât pas de le guérir? » Un jourqu*il s'en plaignait, Se vérin lui répondit ; « Il ne convient pas, mon fils, que tu y voies clair et que tu attaches tant d'importance à la lumière matérielle. Prie plutôt afin que tu perdes la vue des choses extérieures pour progresser dans celle des choses intérieures* » Instruit par ces paroles ^ Bonosus s'apphqua à la contemplation des mys-

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ères divins et fit de merveilleux progrès dans Foraison, Il persévéra pendant près de quarante ans et mourut à un âge avancé dans le monastère qiiî avait vu sa conversion*.

Les guérisous opérées par le saint frappaient si vivement ritnagination populaire qu*il n'était pas de merveille qu'on ne lui attribuât. Son esprit avisé lui faisait trouver avec une surprenante rapidité les moyens de sortir de toutes sortes de difficultés. On ne pouvait admettre qu'il ne disposât d'une puissance surnaturelle toujours prêle à le servir en toute occasion. Ses compagnons ne pouvaient-ilsj pour quelque motif, venir a bout d'allumer leurs cîerg^es, tandis que lui-même y réussissait^ Dieu avait fait descendre le feu du ciel pour Tassister', Le Danube envahissait-il périodiquement de ses eaux le parvis d'une église bâtie sur pilotis, et Séverin, s'împrovisant ing-énieur comme il savait se faire soldat, indiquaitil les travaux h exécuter pour éviter le fléau à Tavenir, c'était par un simple signe de croix qu'il avait interdit au fleuve de monter désormais plus

ivant^ Ses renseignements lui faisaient-îls con-

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