‹ Saint Severin, apôtre du Norique (453-482)Chapitre 37 sur 64 · Efiff., xxvnr · texte numérisé non relu

Efiff., xxvnr

a, ifc/arc?., X, 45.

3, Mûtfi., VI, 3,

lU SAINT SE VERIN,

d'une source! ■ Et au même insiant le miracle cessa. Alors le saint homme s'écria tristement : < Oh! mon frère, qu as*tu fait? Voici que par ton indiserélîoQ tu as enlevé leur bien à beaucoup. Puisse Notre-Seijneur Jësus-Christ te pardonner !i» Est-il possible d'exprimer avec plus de grâce cette double vérité que la charité fait des miracles, car elle crée des ressources oii rindiflerence est impuissante u en trouver aucune, et aussi qu'elle cesse de plaire à Dieu dès qu'elle cherche à se montrer*?

Nous aurions à parler encore d'une forme de la charité qui ne cessa d'occuper Séverin, nous vou* Ions dire le rachat des captifs. Mais comme cette

I. Des miracle» de ce ^eitre sont fréquents dans les vies de saints. D'après le diacre Jobannès (x* siècle), Traailaiio S^ S^v,, il se serait renouTclë au x* siècle. Un jour que Tabbë du monastère de Saini-Sé vérin , k Naples, et *es frères chantaient TofËce, La lampe qui les éçlâiraît tombii sur le pave et se brisa. Ils furent plonges dans Tobscurîtë, L*abbë ne put s'empêcher de rire et s'écria avec une familiAritë loute méndionak : ot Où e&i ton pouToir^ bienheureux Séverin ? t et il continua par ces vers i

TaliSf sancte^ tîbi famulanti cominoda prsestas, Hoc lumen prsebes^ cui munia saucta faceisunt?

Et enfin : <i Jadis tu as fait, tel Élisëe, verser sans refâohe un vase semblable à celui*ci, une antre fois, pour illuminer Tesprit des incrédulci, tu as allumé de» ciergei

SAINT SÊVERIN ET LES ROMAIIÎS. 115

question est mtimeinent jointe à celle des relations entre saint Séverm et les Barbares^ nous pré feins la réserver pour le chapitre suivant, où les épisodes qui s y rattachent trouveront naturel terne nt leur place.

Il nous reste donc seulement à nous demander quels résultats obtint saint Séverin par le moyen de cette charité réglée. En fait de charité ^ il faut louJQurs considérer ceux qui la font et ceux qui la reçoivent- On a même prétendu que la charité n*est utile qu*à ceux qui la font, et que, en thèse générale, elle est plutôt nuisible à ceux qui en profitent* C'est là une opinion paradoitale. Il su F* firait pour la réfuter d'interroger les veuves, les orphelins, les vieillards, les malades et les infirmes pauvres»

1 En ce qui concerne saint Séverin, les résultats, nous pouvons l'affirmer, furent également avantageux aux uns et aux autres. Les faits que nous avons cités et ceux que nous citerons encore ne nous contrediront pas. Sans doute, la misère ne

ëieintfl, et voici que nous, la serritËura, ta nou» fôisâeft sa Ai lumière I j» Après avoir prononce ce» paroks un peu libres, il donufi Tordre de ramasser left fragmeiita du Tase. Or^ non seulement la lampe fut trouvée intacte, mais remplie d^hulLe jusqu'au bord* Convaincus par ce miracle de la puissance du saini^ les moiûe» rendirent grâce et décidèrent d'employer celte huile au soulagement des malades.

fui pas âupprimée. Elle ne Test jamais^ ùî la moins qu'aitleurs elle pouvait Têtre, puisque des causes exceptionnelles la renouvelaient sans cesse> Mais assurément, Séverin atténua le mal en soulageaiiiiine foule de souffrances soit mdividuelleSf soit, qui mieux est, collectives* Eugippias en témoigne, et tes faits variés qu'il rapporte confirment qu'il ne s'agit pas ici d'un argument de panégyrique. Il n'est pas de ville, de bourg ou de village qui n'aient reçu des secours par son intermédiaire, et en tous ces lieuît presque pas de pauvre qui n'ait reçu sa pari des largesses communes*. Mais, nous Pavons dit et répète, Tamélioration morale avait aux yeux du suint plus de prix encore que raniélioration matérielle, et, selon son plan, la seconde ne devait être que la compagne et la servante de la première. Eh bleni le sacrifice de la dîme, si lourd en des temps cala miteux, nous savons qu'il fut consenti par toute une population, nous savons qu'il devint une coutume à laquelle a peine quelque résistance momenlanéc, plus exactement quelque hésitation, osait çà et là s'opposer, résistance ou hésitation rendues en une

I . Ettg, , X V 1 T, I , Tidihus tgitur Icaltti Sri'cHmts per Christi gratiam muncrlhus Qpuhtitus capiivortitn eiifîm rgciwntmfjUÉ îaiitam citrtim itif^cnita siùi pietatc sttsceperaf^ ut p&^n^ omnfs per Ufifvcna oppidu vet cas tt,' lia paupcrcs ipsiiu indus tria pus-

SAIKT SiJVERIN ET LES ROMAINS.

large mesure excusables parla dureté des temps. Nous savons aussi que le sacrifice fut accepté non seulement par raison pratique et pour fiiire face à de pressantes nécessités^ mais jmr amour de Dieu et du prochain. Nous savons enfin que parmi tant d obscures et régulières bonnes volontés, d'admirables vocations se révélèrent^ que le zèle du clerg^é fut ranimé par l'exemple et les exhortations de Séverin, qu'il y eut parmi les laïques des modèles de persévérance et^ à l'occasion « d*héroïsme* Ce sont là des fruits de c lia rite, non pas rares dans Tliistoire du cliriaiianisme, mais toujours et partout également précieux. Nous pouvons affirmer qu'après avoir semé dans la lutte et dans la douleur^ Se vérin eut la joie de récolter, N'eiVt-il obtenu que ce résiiitatj sa mission n'aurait pas été vaine. Il a en outre appris au monde, une fois de plus, qu'il n'est sociélô si démoralisée et si corrompue qu'un zèle vraiment apostolique ne soit capable de réveiller et de purîfierj et c'est une leçon dont la portée dépasse ries limites étroites des lieux et des temps.

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