I. Piscb. Ad Eugîf.t 3, 3 &q
ik SAINT SE VERIN*
trions pas d*auires dales, et encore, approxima* tives, que celle îles débuts de t*actioii dtj sainti celle de sa mort, et celle de son IransFerl en Italie. Pour tout le reste il fîiudrah nous con- (enter d'indtcuttons vagues telles que « vers le même temps^ ï. « eo même temps n», « un peu après ces événements ». En quelle mesure ce grave inconvénient estnl compensé par l'avantage que signale justement Paschnsius? Les Iraiis que nous rapporte Eugippius tirent une valeur toute particulière de Tautorité qtii s'attache an témoin intelligent qui a vu et entendu ce qu*il raconte, du moins en grande partie. De plus, n*étant pas entraîné à lier son récit à riiistaîre générale dont le moine des bords du Danube n'eût été peut-être informé que niédiocremeni, il se limite volontairement aux mœurs, aux sentiments, aux épreuves d'une société dont luimême partagea le sort. Il s'y confine un peu trop étroitement à notre gré, mais du moins il ne parle que de ce qu'il sait bien. Ajoutons que, grâce à son intimité avec Se vérin, qui fut Fànic et la volonté de ce monde restreint, il dut le connaître parfaitement.
Certes, Eugippius ne vise pas à Teffet. Mais telle est la sincérité d'accent de ces souvenirs que la vie s'en dégage spontanément, comme de
ces carnets de route écrits au jour le jour par le soldat ou le voyageur^ et qui, sa as tmlle préoc* cupatLon Jittéraire, mieux qu'un récit apprC-té, donnent au lecteur Timpression de la chose vécue. Un historien de profession eût voulu tracer pour la postérité la triste image d'un coin perdu de rEmpire romain au cours des années qui suivirent la mort d'Attila, il n'eût certes pas réussi mieux que le moine sans prétention dont on nous dit qu'il n'était pas u grand clerc en lettres profanes P. Quant à Séverin lui-même il nous le montre en toutes ses attitudes, croqué d'une plume naïve et familière dont la sincérité éclate aux yeux.
Tout cela, Pascliasius Ta bien vu^ et doit atténuer nos regrets. Que de détails néanmoins nous serions avides de connaître î Comment se conciliait, avec le peu d'autorités civiles qui restaient dans la province ^ Textraordinaire influence de saint Séverin? Comment évêques et prêtres pouvaient-ils admettre cette autorité sans titre, plus forte que la leur? Comment était organisé ce véritable ministère de la charité qui frappait villes et fidèles de contrihutions fixes et presque obligatoires? Autant de problèmes dont nous ne pourrons qu'entrevoir la solution. Du moins la physionomie du saint apparatt-elle en pleine
lumière dans i'opuscule crEogippius. Si les regrets de l'historien sont légilirneSj l'iiagiographe a-t-il l«î droit d'exiger davantage?
Nous û'n jouterons qu'un mot : ce biogroplie luïque que redoutait Eugippius^ nous avons etc amené a Petre. Averii par le souci du sage et pieux écrivain, nous éviterons le reproche de mêler une rlic torique futile à un sujet grave, Kous n'oublierons pas toutefois qu'aujourd'liui la vie des saints n'a pas exclusivement pour objet rédiflcation du peuple, comme on Tentendaît autrefois. De T histoire même, aussi vraie que possible, et comme par surcioît, doit se dégager Fcdifi cation, C'est a Thistoire, simple et sincère, qu'il appartient de remettre en lumière ou de maintenir les titres de Féglise catholique à la recontiaissaoce humaine. Or, nous a linon s à le répéter, c'est de sa foi ardentCf de ses vertus toutes chrétiennes, surtout de son inassouvible chariié, que saint Se vérin tira un ascendant que n'eussent pas sufS li lui assurer ni la fermeté de sa volooté, ni sa profonde expérience du monde barbare, ni la finesse de son jugement, ni la pénétration de son esprit* La suite de notre récit en fera la preuve.