‹ Saint Severin, apôtre du Norique (453-482)Chapitre 49 sur 64 · I. Eu^., XXXII, I · texte numérisé non relu

I. Eu^., XXXII, I

a^ Eug.^ XXXII, a. Odoacre périt, en effet, ea 493, assassiné dans un banquet par ordre de Théodoric.

166 SAII^T SÉVERIN. ^^"

Cepeûdanlf ces années de relative tranquillité, si elles n'exigesiient plus tics dévouements aussi héroïques et des vertus aussi exceptionnelles, n'élaieut pas stériles pour le monastère. Les événements qui avaient si longtemps troublé la contrée avaient du, on peut sans présompHon le conjecturer^ j luterrompre presque complètement les études. Comme en d'autres lieux et en d'antres temps, si elles avaient trouvé un refug-e, ce devait être dans les monastères de Séverin, et en particulier dans celui de Favîanes. Y avait-il place daus renscigfoement qu'on y donnait pour les lettres profanes? Rien ne nous permet de le supposer, ou du moins qu'elle y fût grande* L'exemple d'Eugippius lui-même tendrait plutôt à faire croire le contraire*. Et quant à Séverin, les nombreux propos rapportés par son biographe prouvent combien il était versé dans les Ecritures» mais aucune réminiscence littéraire ou historique, en dehors des souvenirs bibliques, ne

I. Eugipp[uâ« cependant, n'est pas étranger k tauit rhétorique» Le style de la lettre a Puschaslua le prouve. Il A souci de ia composition (Ad, Pascft.^ 7,,, patria,,, utide .ûcut morts tst, teJ^endîE cujuspiàm i'itw sumatur exor^ dium)^ Eu^n, le discours qu^il prêle k saint St^venn mourant, bien que tout a fuit conforme par le fond au% paroks que dut prononcer Séireriui est arrange suivant les règles de Tan avec un ejtorde et une péroraison. On sent Tes:périence du prédicateur.

s'y mêle. On s'adonnait à Favianes à Télude de rËcriture sainte, on y lisait les Pères, on les commentait, et l'instruction, convenable à Tétat de ceux qui la recevaient, n'y était pas négligeable, puisque des hommes d'un mérite et d'une science religieuse reconnus, y reçurent tout au moins les éléments de la scienc^sacrée et la méthode qui devait leur permettre d'y progresser.

Toute une jeune génération s'élevait, en effet, à Favianes, qui devait plus tard, en Occident, faire honneur au saint éducateur. On y voyait Marcianus, le laïque de Cucullis qui avait été témoin de l'affaire des sacriQces humains ou des sacrilèges, et de qui Eugippius la tenait^ Il s'était fait moine et avait entraîné avec lui son frère René. Séverin savait combien il pouvait compter sur le dévouement des deux frères, et il les chargea d'une longue et périlleuse mission parmi les Barbares. Nous ne connaissons aucun détail sur cette mission, sinon qu'ils se trouvèrent un jour dans un grand danger et qu'au même moment, Séverin, de son monastère, en eut la perception très nette, comme on put s'en

I. Eug.^ XI, a. Marcianus fut abbé de Lucullanum immëdiatement avant Eugippius. On voit combien étaient sûres les informations du biographe (XXXVII, x).

168 SAINT SE VERIN. ^

âsstirer après leor retour qui n'eut lieu que quelques mois plu a lard**

Eugippius éiait certamement alors à Favîanes, encore jeune , et nous avons parlé de lui assez longuement dans rintroductiou pour qu*il soit inutile de revenir ici sur sa personne.

En tin, le plus jeune sans doute des disciples de Se vérin, mais non eeluî qui devait être le moins illustre, arriva a Favianes aux environs de cette année 476» C'était un neveu de Févêque de Lauriacumj Constantius, qui n'avait pas cru pouvoir confier sou éducation à de plus sûres et de plus saintes mains. Il le lui amena tout jeune, à rage de huit ans, et cette première entrevue fut Foccasion d'une scène gracieuse et touchante qui rappelle la rencontre de saint Germain dWuxerre et de Geneviève, Le vieillard tenait l'enfant prés de lut et doucement le caressait, et ce faisant, observait sa pliysionomie. Il y lisait comme en un livre toutes les vertus qui devaient illustrer malgré lui celui qui fut saint Antoine de Lérins. Car, ajoute le biographe de ce saint personnage, Ennodius, faisant allusion à cette pénétration où les contemporains reconnaissaient quelque chose de surnaturel, Se vérin était de ceux pour qui

ï, Eag.^ XXXVII, I, a.

rien n'est caclié*. L'iiisloire Je saint Antoine de Lérins n^esl pas longue car nul homme n'eut moins d'aventures, n'aima davantage la vie soll-

I taire et cachée, ne fut plus modeste. Sa sainteté fut tooie intérieure. Nous savons qu^après la mort de Se vérin il acheva son éducation auprès de son oncle ConstanLius. qu*il émîgra en 4^8

lavec tous les habitants d'origine romaine, se relira dans une solitude sur les bords du lac de Corne', d'où, le renom de sa sainteté lui attirant des visiteurs trop nombreux à son gré, il chercha une retraite plus profonde chez les religieux de File de Lérins où il vécut deux années encore et fît Tédification des moines les plus saints qui fussent alors.

Près de trente ans s'étaient écoulés, depuis le jour où c liasse d'Astura par la malveillante incrédulité des habitants. Se ver in avait cotnmencé sa mission en Norîque. Epuisé par tant d'etForts et d'austérités, il se sentait à bout de forces et pressentait sa fin prochaine. Bien qu'il eût réussi, au prix de bien des sacrifices à assurer aux Romains

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