CHAPITRE IX
Frédéric pille le monastère de Favianes. — LucîKus est
élu abbë. — Inipii.isaaace des moi n es à conUfiuer l'œuvre de SéTcrio . ^ Disseûsions dans la famille rojale des Ruges.
— Frédéric, frère du roi, poignardé par son neveu.
— Cinq années d'anarchie, — Première Lnterv^ntioa d'Odoacre. — Félethée et Giao lïgurent à Rome dans la pompe triomphale d'Odoacre* — Deuxième interveotioQ d'Odoacre* — Le retour des EomaînB en Italie est décidé (483-488,)
Saint Se vérin n'a va U été que trop clairvoyant en se refusant a croire aux bonnes intentions de Frédéric. A peine avait-il rendu le dernier soupir que le Barbare famélique et impie, avec un cynisme incroyable, se jetait sur le monastère et faisait main basse sur tout ce qui se trouva à sa convenance*. Ce fut d'abord le dépôt de vête* ments provenant des dimeSp Après le bien des pauvres, ce fut le bien de Dieu. Le monastère n'était pas bien riche en objets précieux. Mais si peu qu*il y en eut, c'était assez pour qu'on le
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prit! L^or et Targent, faciles à dissimuler comme à transporter, exerçaient sur les Barbares une attirance invincible. Un calice d'argent excitait surtout la convoitise de Frédéric. S*en emparer était un sacrilège ? Qu'importe ? Il donna Tordre qu'on le lui apportât avec tous les autres objets consacrés au culte. On les avait placés sur Tautel, comme si la sainteté du lieu eût dû les protéger contre la rapine. Et en effet, l'intendant que le Ruge avait chargé de cette besogne n'eut pas le courage de l'accomplir. Il s'y refusa même obstinément. Furieux, Frédéric fit alors venir un soldat, Avitianus, sans doute, comme son nom semble l'indiquer, un Romain entré au service des Ruges. Il lui intima l'ordre de saisir les objets désignés. Ce soldat, par habitude de la discipline, n'osa se soustraire à un ordre formel. Avec répugnance, il obéit. Mais telle était son émotion qu'il fut pris d'un tremblement qui ne le quitta plus, si bien qu'on le crut possédé du démon. Il ne l'était que de la douleur d'avoir été associé, bien malgré lui, à une action révoltante pour sa conscience de chrétien. Bientôt après, en effet, afin d'expier une violence à laquelle son cœur n'avait pas pris de part, il renonça au monde, se retira dans un îlot désert de la Méditerranée et y -vécut désormais en ermite.
SAINT SE VERIN.
raïuicliaient par ses débuts» au Norique et à satat Séveriïi. De plus, le Norique étoii la seule pro- Yioce danubienne qu'il considérât comme faisant partie de Fhéritage de Tempire d'Occident, Eu 487^ il se résolut à intervenir, pour rétablir Tordre , d^une part, et de Tautre pour aflGrnier son autorité sur la province de Norique, Il rassembla donc une armée considérable, dont il prit en personne le commandementV Ainsi Torpheliu qui avait vu sa tribu détruite par les Gotbs, le chef de brigands vêtu de peaux de bètes qui avait frauchten courbant la tète la porte du moine Séverin, reparaissait en conquérant, en arbitre, en cbef d^uue armée disciplinée et aguerrie, ou le légionnaire coudoyait le Barbare, en héritier des empereurs enfin, aux lieux mêmes d'où il était parti n'ayant pour tout bien que son épée. Ainsi se trouvait deux fois réalisée la prédiction de Séverin.
Notons cette particularité que parmi les auxiliaires barbares qui venaient délivrer le Norique et rendre la paix aux Romains, était un corps de RugesV
1. Eu^., XLIV, 4, Ckr^ffi. min,, VI, 3iî, 3i3, 3i4 (éd, Mamms^n), »tib,, au. 487. — Ca^^tod. Chran, min,, F^ a, p. i5ç),