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Félelhée n'osa point attendre l'ennemi. Repassant en hâte le Danube, il laissa la province vide de défenseurs. Les villes romaines accueillirent Odoacre comme un libérateur. Le patrice passa le fleuve et commença contre les Barbares une guerre acharnée. Enfin le camp royal tomba entre ses mains. Félethée et Giso furent faits prisonniers. Les Ruges firent leur soumission.
Après quelque temps employé à pacifier et à organiser le pays, en apparence délivré de ses oppresseurs, Odoacre revint à Rome, mais il n'y voulut rentrer qu'au milieu de l'appareil triomphal des Scipions et des Césars. Comme les vieux généraux de la République, comme les empereurs, il monta au Capitole, entouré de la pompe des anciens jours. Suivant la cruelle coutume des vieux Romains, Félethée et Giso chargés de chaînes et tendant vers le peuple des mains suppliantes, marchaient dans le cortège et fixaient les regards de tous. Quand la fête fut terminée, Félethée eut la tête tranchée, Giso, s'en alla languir tristement dans les fers^ On a justement reproché à Odoacre cet excès d'orgueil. Félethée n'avait rien d'un Vercingétorix, et la guerre qui