‹ Saint Severin, apôtre du Norique (453-482)Chapitre 61 sur 64 · I. £«^., XLVL · texte numérisé non relu

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des plus antiques, des plus somptueuses, et des plus illustres villas du golfe de Baïes, appelée Lucullanum.

LucuUanum, comme son nom l'indique, notait autre qu'une des merveilleuses résidences où jadis Lucullus, revenu d'Asie, à demi méconnu, dégoûté des affaires publiques, avait abrité son mécontement et son hautain pessimisme avec ses trésors et ses voluptés. Bien des flots s'étaient brisés depuis lors contre les assises de pierre qui, suivant le mot du moraliste, usurpaient sur la mer, et la villa de plaisance s'était transformée en un château fortifié. Coïncidence singulière, c'était dans cet asile du vice élégant que venait d'expirer, après quelques années d'une existence tout épicurienne, l'itisignifiant Romulus Augustule*.

Barbaria résolut d'offrir ce château aux moines de Séverin pour en faire leur monastère. Plusieurs fois elle écrivit à ce sujet à Marcianus et à tous ses frères. Enfin l'autorité du pape Gélase intervint', et les moines se décidèrent à accepter

I, On Ignore la date à laquelle mourut le dernier des empereurs romains. Mais la vacance du logis permet de supposer que son hôte impérial avait vu j finir ses jours. On a dit que Lucullanum n'était autre que le Casttl del Ovo actuel, mais rien n^est moins sûr.

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Toffre généreuse qui leur émit faite. Il leur fallait traverser presque toute ritalie. Oo vittlôtic de nouveau se dérouler le saint cortège. Le char fut remis en marche, et sur sa roule se pressait la foule des fidèles avides de porter au saint le tribut de leur vénération, de solliciter des guénsonSf de contempler au moins le cercueil de ce puissant intercesseur, dont la renommée allait grandissante à chaque étape.

Enfin I Ton atteignit Naples. La réception fut grandiose* L'évêque Yîctor*, entouré de tout son clergé, attendait à quelque distance de la ville. Derrière révêque et les clercs, toute la population de Naples était massée* Quand le char appa* rut, ce fut une immense acclamation; puis tout le peuple, d'une seule voix> commença le chant des psaumes. On devait traverser toute la ville. Les rues étaient pleines de monde. Avec cet enthou* siasme dout les peuples méridionaux savent seuls donner le spectacle, on se plaçait devant le char» ou se jetait sous les roues pour le toucher et obtenir une guérison. On vît une vénérable dame, nommée Processa, de bonne famille napolitaine et connue pour sa piété, se coucher a terre sous le véhicule'- Quand il eut passé, elle se trouva guérie.

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On citait aussi Taveugle Laudicius qui, se tenant dans une maison et surpris d'entendre le chant des psaumes mêlé à Timmense ruptieur qui montait de la rue, s'informa ce qui se passait. Quand il eut appris que le corps de saint Séverîn arrivait, il demanda qu'on le mit à la fenêtre. Il s'y plaça et pria avec ardeur. A l'instant même où passa le saint corps, ses yeux s'ouvrirent, et il put nommer chacune des personnes qui l'entouraient \

Le primicier des chantres de l'église de Naples qui, depuis longtemps, souffrait de violents maux de tête, par la simple apposition de son front sur le bois du char se trouva guéri*.

A chârque miracle les acclamations couvraient le chant des psaumes. On pleurait de joie, on se répandait en actions de grâce.

Enfin, après avoir à grand' peine parcouru la ville, on parvint à Lucullanum. L'évêque reçut le corps et Tinstalla solennellement dans le magnifique mausolée élevé par les soins de Barbaria.

Toujours groupés autour de leur maître comme il l'avait prévu, les religieux de Séverin prirent possession de leur nouveau monastère qui devint un asile renommé de paix, de prière et de science'.

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