Eug., XLVI
3. Une importante bibliothèque fut Tun des glorieux ornements du monastère de Lucullanum.
Ainsi, l*hamble moine qai avait vonla cacher jusqu'à son nom, mais n^avait pu soustraire ses mérites à Tadmiration du monde, reposait dans une sépulture royale. Et la villa païenne, souillée jadis par le vice et les voluptés, ne retentissait plus que du chant des psaumes et des cantiques. Ruche de sain labeur et de prière féconde, elle était comme le symbole de la terre rajeunie et purifiée 80us Faction divine des vertus et de la foi chrétiennes.
APPENDICE
HYMSTE A SArXT StVEKO
Par un cantique à Là gloire du Seigneur » tous ensemble célébrons ce jour de fêle, où Séveria, notre Père, entra dans les régions célestes.
Quelle plume serait assez éloquente, quelle lyre assez harmonieuse, pour dire tous les miracles que le Christ tout-puissant accorda à son zèle?
Prophète sûr et trop véridique, à qui souvent Dieu révélait l'avenir pour le salut d'un peuple alors opprimé.
De sa voix divinatrice, il dévoiliiît les pièges des brigands et les ruses des pillards; par ses avertissements reçus d'en haut, il sauvait les villes lasses de lutter,
Doucement secourable aun malheureuic, il brisa rhorrible fléau de la famine i en foule il délivra de leurs ennemis ceux qu'avait vaincus la férocité des Barbares,
Sublime confesseur, maître humble, lu donnas a tes moines une règle; tu leur montras eommc^nt, par Tétroit sentier de l'abstinence, on prend d'assaut le ciel.
Entre tes mains sacrées une lumière brilla qui venait du ciel, une huile coula, abondante, comme d'une source.
Il souffrait avec tous les malheureux el les réchauffait de sa pitié; aux faibles il rendait la vigueur, aux nialudes la santé» Nul ne vint ii lui qui 5*en retournât sans remède.
C'est encore toi dont la prière, en présence de tes frères* triom|>ha de la naort^ rappela aux Joies de la vie Silvinus déjà couché dans sa tombe.
Grâce aux cierges qu'alluma le flambeau de la foi, ce Père vénérable couvainquit les coupables; ainsi nos cneurs glacés s*ennarament au contact de l'amour divin.
Accourus pour assister à ses saintes funérailles^ un muet recouvra la parole; un aveugle exulta de reconnaître au loin ses amis.
Réjouis-toi, Naples, en ce jour de fête; applaudistoi de garder ce patron céleste que le Créateur souverain t<i donna pour ton honneur et pour ton bien.
Par ses mérites, 6 Dieu clément, accorde-nous gloire et pardon, afin qu'aux régions célestes nous jouissions éternellemetit de ta lumière adorée.
Tous ensemble, ])ar nos chants, proclamons la gloire de notre Père.
Suivant Œaftûm, la compmuiùn de cet hymne m serait pas th beaucoup poste rwnrc au iivre d Eu^ippius. [Doc, in. pour thin, littéraire, p. 107.)
Ï"IUNSLAT10Î^ HES BELIQUES DE SAITÎT SE VERIN DE LtJCUL- LANEJM AU MONASTÈRE DE SAinT-SEVEEIN A NAFLES.
Ijes reliques de saint Séverîn ne trouvèrent pas un asile déiluitif dans le monastère de Lucullaoum.
APPENDICE
ux^ siècle, en effet, la crainte de voir les Sarrasins, déjà TDaUres de la Sicile, s'emparer de ce lieu bieii situe et fortifié d'où ils auraient menacé Naples, détermina Grégoire, consul de Naples, à démanteler le Castclîum (an. Ch, 90a) et à en retirer a Napïes les habitants*. Singulière répétition, à plusieurs siècles de distance, de Texode du Norique en Italie! Qu'aJkient devenir les reliques du saint ? Le consul inclinait aies
■ laisser dans le tombeau où elles avaient été déposées par les soins de la dame Barbaria. Mais tel n'était pas l'avis du vénérable Jean, abbé du monastère de Saint* Séverin, à Naples. Il supplia les autorités de les contier à sa garde. On lui répondit que si la volonté
• de Dieu se manifestait par quelque signe, on n'hésiterait pas à transférer les reliques; que, dans le cas contraire, on estimerait que le désir du saint était de rester à Lu cul la nu m.
L'abbé ne cessa de prier. Enfin, un prêtre attaché au monastère vint le trouver et lui raconta une vision qu'il avait eue. Le saint lui était apparu pendant son sommeil, et lui avait affirmé son consentement ati transfert de son corps.
On accorda donc à l'abbé ce qa*i! demandait, et en grande solennité on exhuma le corps de Séverin. Il fut trouvé à une profondeur considérable, et à la surprise de tous les assistants, dans un merveiHeuît état de conservation* Les muscles adhéraient encore aux os, et le visage était empreint de majesté. On le transporta au monastère de son nom, à Naples, où» d'après BoUandus, il repose encore.
] . Tout le récit de cette tranaUûon concernant les miracles tl les reliques de saint Séverin se trouve consigné dans la rebdoti du diacre Jobuaûèâf tcmoin ocukirt.'.