‹ Saint Severin, apôtre du Norique (453-482)Chapitre 63 sur 64 · SUS · texte numérisé non relu

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Mais dans le monastère même» îl ne demeura pas à la même place. L'abbé Jean, en effet, estima que rëglise du monastère était trop modeste pour abriter un corps si précieux, et se mit en tête d'élever en rhonneur du saint une basilique voûtée. Pour se procurer à bon compte les miitériaux nécessaires, il (It enlever au cap Misène des pierres taillées provenant du C^stelium de ce lieu, qui, environ soixante ans plus tât, avait été détruit par les Sarrasins.

Quand la basilique fut construite on y transporta le corps de saint Séverin. L'abbaye passa plus tard aui mains des Bénédictins^ Celte translation est célébrée à Naples le lo octobre.

On lisait sur la porte principale de la basilique Tinscription suivante :

Dm s Setter ifto Noricorum in Oriente apoxtolo ei Sosto Le^itss £. Januarii episcopi fn pawom xocio templum uhi eorum iS". S* corpora sut aliarc major i requicscunî : Ci apostoUco induit u cum ablatione sacra purganiêË animse itbetantur.

Sur le grand autel :

Hic duo sançta simul âwinaque corpora patres Sûâius unmiimiis et Sevcrïnus Aaàeat,

Cette double translation a donné lien à toutes sortes d*erreurs de la part des annalistes postérieurs. Il suftit cependant pour l'élucider de lire avec^altention le récit qu'en a fait le diacre Johannès, Les détails sur la deuxième translation sont contenus dans la Transla^ tion de saint Sosius^ par le même auteur* Rien n'est plus clair que ces deux textes.

En résumé : «^ le corps de saint Séverin repose à Faviâues, en Norique;

APPENDICE. 203

2® Il est transporté en Italie, où il demeure à Monte Feltre jusqu'au pontificat de Gélase ;

3^ Il repose au Castellum de Lucullanum près de Naples jusqu'en 902 ;

4* A cette date, on le transfère à Naples, au monastère de Saint-Séverin. Ce monastère tire son nom de Tapôtre du Norique, et non de tout autre saint Séverin, en dépit des confusions postérieures, comme il appert du texte de Johannès.

5® Une basilique est élevée aussitôt après, sur le terrain même du monastère, avec des matériaux provenant du cap Mîsène et, bien que Johannès ne le dise pas explicitement, très probablement en partie avec les pierres tirées de l'église en ruine où était enterré saint Sosius. En effet, le corps de ce saint fut alors exhumé, transporté au monastère de Saint- Séverin, inhumé dans la nouvelle basilique. Celle-ci fut placée, comme on l'a vu plus haut, sous le vocable des SS. Séverin et Sosius'.

Tout ceci est d'une netteté parfaite et il y a lieu de ne tenir aucun compte des confusions postérieures. Celles-ci proviennent, je crois, en partie, de la même préoccupation qui a fait indûment attribuer un frère à saint Séverin de Norique, à savoir la prétention d'expliquer le mystère de son origine, en l'identifiant avec d'autres saints du même nom.

I. L'église des SS. Séverin et Sosius existe encore à Naples, mais entièrement rebâtie en 1490 par Mormandi. Elle est ornée de fresques par Corenzio et richement décorée. Le couvent renferme depuis 1818 les grandes archives du royaume. Le cloître est peint de fresques qui représentent des sujets tirés de la vie de saint Benoit.

SAINT C&iGOIAB LE G&A.trD ET LES EELIQUES DE SAINT S|£VEE1N.

Le pape saint Grégoire le Grand fait, à diverses reprises, allusion au monastère de Lucullanum et aux reliques de saint Sëverin, qu'il parait avoir eues en grande vénération.

Ep. III. I. Il prescrit à Petrus, sous-diacre de Caœpanie, d'avoir à renvoyer dans les églises de la ville les esclaves fugitifs qui chercheraient un asile au monastère de Saint-Séverin, à Lucullanum, ou dans tout autre église du Castellum. S'ils ont quelque grief sérieux contre leurs maîtres, qu'on ne les renvoie pas des églises sans leur avoir régulièrement conféré les ordres sacrés. Si au contraire ils ont commis quelque faute contre leurs maîtres, qu'on les livre à ceux-ci.

Ep, III, 19. Le pape demande au même de lui envoyer des reliques de saint Séverin, pour consacrer de nouveau une église de Rome, située dans la troisième région, près de la domus Merulcma, et qui avait été longtemps occupée par les Ariens (saint Grégoire s'était fait une règle de consacrer ainsi de nouveau les églises profanées par la jouissance des hérétiques).

Ep, XI, 3i. A Paschasius, évéque de Naples. Le pape lui écrit pour l'inviter à délivrer à un certain Johannès, agissant au nom de son maître Venantius, des reliques de saint Séverm, pour un oratoire que ce Venantius se propose de lui consacrer à Rome.

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