‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 165 sur 328 · Journal d Olivier d'Ormesson, h la date du 2 mai · texte numérisé non relu

Journal d Olivier d'Ormesson, h la date du 2 mai

sans faire ni plus ni moins, aCn qu'on ne crût pas que je fisse rien par crainte, ni aussi que je voulusse me venger. H me parla ensuite du procès, des fautes qu*on y avait faites, entra dans le détail, dit qu'on avait fait la corde trop grosse; qu'on ne pouvait plus la serrer; qu'il ne fallait qu'une ciianterelle * ; me parla fort que M. le cardinal Mazarin n'avait jamais pris un quart d'écu par le moyen de M. Fouquet; mais qu'il avait du prêt ', et, pour son remboursement avait pris des recettes, sur lesquelles on lui donnait la remise comme aux traitants, et lui n'en donna que peu, et ainsi avait gagné beaucoup. >

Louis XIY lui-même eut occasion de s'expliquer avec les rapporteurs sur le procès, dont il bMmait la lenteur. Il le fit avec une dignité qu'Olivier d'Ormesson s'empresse de reconnattre * : < A trois heures je fus avec M. de Sainte- Hélène* au château*. Nous trouvâmes le Roi dans son cabinet avec MM. Colbert et Lyonne^ et s'étant avancé près de la fenêtre, il nous dit ces mêmes paroles, autant que j'ai pu m'en souvenir : < Lorsque j'ai trouvé bon que Fouquet eût un conseil libre, j'ai cru que son procès durerait peu de temps; mais il y a plus de deux ans qu'il est commencé, et je souhaite extrêmement qu'il finisse, n y va de ma réputation. Ce n'est pas que ce soit une affaire de grande conséquence; au contraire, je la considère comme une affaire de rien ; mais dans les pays étrangers, où j'ai intérêt que ma puissance soit bien établie, l'on croirait qu'elle ne serait pas grande si je ne pouvais venir à bout de faire terminer une affaire de cette

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