Vous pouitaz bien être consolée
donnent de si bonnes nouvelles de mes enfants que vous De devez pas douter que je ne les lise avec joie. Pour ce qui est de ma saignée, vous en avez fort bien jugé : ce n*est qu'une précaution pour conserver la pleine santé où, Dieu merci, je me trouve. »
«A Chambord, le 9 d'octobre 1669.
ft J'ai VU ce que vous m'écrivez de Tindisposition de ma fille. J'avoue qtie cet accident ne me laisse pas sans inquiétude; mais j'espère qu'elle cessera par les premières nouvelles que j'aurai de vous sur ce sujet. Quoi qu'il arrive je suis sûr que vous ne manquerez pas de me mander le détail de tout et dans la pure vérité. »
«À Chambord, ce vendredi 12 [octobre 1669].
« Je serai dimanche 21 à Saint-Oermain, où j'espère trouver mes enfants en bonne santé. Je mande à Montausier de mener mon fils au-devant de moi et à vous je vous dirai de m'attendre dans le château avec autant d'impatience que j'en ai d'arriver. Vous ne doutez pas que je ne sois très-content du soin que vous avez d'eux, et que, pour le reconnaître, je n'aie pour vous toute l'amitié que vous leur témoignez. Soyez-en bien persuadée et que je le suis ^ de vous comme je dois et comme vous le méritez. »
En 1670, Louis XIV parcourut pendant le mois de mai les provinces nouvellement conquises. Il écrivait de Tournai à la maréchale de la Mothe :
« A Toumay, le 19 mai 1670.
« Les nouvelles que vous me donnez de mes enfants nfie donnent beaucoup de joie. J'espère qu'ils seront tous deux en parfaite santé à mon retour et je trouverai ma fille en meilleur état que lorsque je suis parti. Je suis persuadé qu'il ne
t. C'est-à-dire que je suis content de vous.
tiendra pas à vous. Car je sais que ramitié que vous avez pour eux et pour moi ne vous fait rien oublier de tout ce qui est possible. Croyez que j'en suis fort content et que j'ai pour vous des sentiments tels que vous les pouvez désirer.
c Louis. »
A la fia de Id même année, le roi quitta précipitamment Cbambord pour revenir à Saint-Germain, à la nouvelle d'une indisposition de son fils :
«A Ghambord, ce 19 octobre 1670.
« La fièvre de mon fils me fait partir pour retourner à Saint-Germain plus tôt que je ne croyais. Il commence à faire trop froid pour ma fille au château neuf. Il me semble qu'elle sera mieux dans votre chambre que dans la sienne. Songez à ce que je vous mande et faites ce que vous estimerez plus à propos. Elle est très-bien entre vos ihains. C'est pourquoi tout ce que vous ferez sera bien ; tant je me remets entièrement à vous, et finis en vous assurant de mon amitié.
« Louis. »
En 1 671, le roi se rendit à Dunkerque, dont il fit achever les fortifications. Le billet suivant prouve qu'il y recevait exactement des nouvelles de ses enfants*:
«c Dunkerque, le 10 mai 167^
« Bien que je n'aie pas fait réponse à vos lettres, je n'ai pas laissé de les voir toutes avec beaucoup de satisfaction de votre eiactitude à me donner des nouvelles de mes enfants. Je n'ai pas besoin de vous dire que vous devez continuer : vous savez qu*il n'y a rien qui me puisse être plus agréable, et c'est assez pour m'assurer que vous n'y manquerez pas.
« Louis. »
De Dunkerque le roi alla à Tournai ^ et à Ath. Ce fut là qu'il reçut la nouvelle de la maladie du duc d'Anjou ', son second fîls. Mlle de Montpensier, qui accompagnait la cour dans ce voyage, parle, dans ses mémoires', de l'inquiétude qu'éprouvèrent en cette circonstance le roi et la reine : « Il vînt des nouvelles que M. le duc d 'Anjou était fort malade II avait toussé tout l'hiver depuis un grand rhume qu'O avait eu. On disait que c'était la rougeole; qu'on l'avait laissée l'air, et qu'elle était rentrée. Les médecins disaient fort que non; mais je me souviens que dans le temps qu'il commença à être malade, Mme^e Rohan, qui se connaît en enfants, me dit : « Si vous craignez la rougeole, n'approchez point de cet enfant; car il en a toutes les marques. > Je n'approchai point La reine me gronda et dit au roi : « Ma cousine n'a pas approché d'aujourd'hui de mon fils; elle s'imagine qu'il a la rougt'ole. > Cet enfant, qui était le mieux fait et le plus joli du monde, traîna toujours depuis. La reine pleura fort et s'en alla o une abbaye auprès d'Ath. En revenant, la Hillière, qui l'avait escortée, lui dit que l'on lui venait de mander du camp que l'on partait le lendemain matin. En arrivant le roi lui cria parla fenêire de l'appartement de Mme de Montespan , oCi il était : « Madame , nous partons demain ; il vaut mieux s'en aller; on serait trop en peine de mon fils. On en saura plus souvent des nouvelles. »
Avant de prendre*cette résolution, Louis XIV avait envoyé son premier médecin, Vallot, pour soigner le jeune prince de concert avec les plus habiles médecins. Il écrivait à cette occasion à la maréchale de la Mothe :
«AÂth, le 16 juin 1671.
« Je suis toujours fort content du soin que vous avez de me
1. Mémoires de Mlle de Montpensier, t. IV, p. 282 (édit. Charpentier).
2. Philippe de France, duc d'Anjou y était né le 2 août 1668. Il mounit le 18 juillet 1671. — 3. T. IV, p. 298 (édition Charpentier).
donner des nouvelles de mes enfants. Au premier avis de la fièvre de mon fils le duc d'Anjou, je fis partir le sieur Vallot avec plein pouvoir d'assembler des médecins et de résoudre tout ce qu'il jugera à propos. Je m'assure que vous ne serez pas la dernière à m'avertir de ce qui se passera ni la moins exacte à me montrer les choses sans aucun déguisement.
« Louis. »
Le billet suivant annonçait à la maréchale l'arrivée prochaine du roi :
«AAUi, le 4 de juillet 1671.
« Je suis satisfait de plus en plus de vos soins à me rendre compte de la santé de mes enfants. J'espère trouver mon fils le duc d'Anjou en meilleur état à notre arjivée à Saint Germain. Nous y serons. Dieu aidant, le Ik ou 15 de ce mois, et vous disposerez les choses, en sorte que nos appartements puissent être libres dans ce temps-là. »
« Louis. »
Avec le gouverneur et le précepteur de son fils, Louis XIV D'est plus seulement occupé des détails delà santé du jeune prince. U se montre pleiir de sollicitude pour la bonne direction de son esprit et de son caractère. Pendant la campagne de Hollande, il écrivait à Montausier :
« Au camp de Grand-Hacq, le 14 mai 1672 *.
« J'ai reçu trois de vos lettres. Je suis bien aise que mon fils continue à me donner sujet d'être satisfait de lui. Je me promets de vos soins et du désir qu'il a de me plaire que cette satisfaction augmentera toutes les fois que vous me donnerez de ses nouvelles. Taccorde au marquis de Laurière la charge de Sénéchal de Périgord pour trois ans et au marquis de Blaru celle de capitaine du château de Yernon, sui-