II PRÉFACE
G*est aussi dans ses relations d'amitié ou de société qu'il faut chercher la source de celte multitude d'anecdotes qu'il a semées dans ses mémoires. Les récits de son père ont été sa première inspiration ; il les a conservés dans son souvenir avec vénération et amour, et, adoptant aveuglément les antipathies comme les amitiés de l'ancien favori de Louis XIII, il a voulu les imposer à la postérité. Plus tard, courtisan de Louis XIY et coiiseiller du régent, Saint-Simon s'est créé parmi lés ministres et les dames de la cour, dans la magis*trature et le clergé, et jusque dans les antichambres du roi et des princes, des relations intimes qui lui ont pefmi& de pénétrer bien des mystères. (H^servateur curieux- et sagaee, lié avee tes divers partis, s'efforçant de compléter les témoignages l'un par l'autre et de les contrôler pat des documents écrits, il s'est livré à un travail consciencieux pour arriver à la vérité. Sa vie entière latteste. Mais son imagination a souvent suppléé à rinsuflisance des documents; elle a grossi. des détails sans importance et amoindri des faits considérables. Témoin des malheurs delà France pendant les dernières années du règne de Louis XIV, il les fait retomber sur ce prince et sur le système de gouvernement qu'il avait adopté. Les échecs de Saint-Simon pendant la régence, où il vit s'évanouir se? dernières illusions politiques^ aigrirent encore ses rancunes. Enfin élaborant dans sa vieillesse les souvenirs accumulés avec une mémoire et une imagination dont les contempo-