‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 253 sur 328 · Mémoires de Saùnt'SitMmf t. IV, p. lS · texte numérisé non relu

Mémoires de Saùnt'SitMmf t. IV, p. lS

d*a¥oir laissé un petit-fils qui lutta hardiment contre notre historien dans la question du bonnet*. Aussi quoiqu'il n'eût que quatorze ans à l'époque de la démission de Novion, et que, par conséquent, il ne le connût que par tradition, il s'est acharné contre la mémoire de ce magistrat. Je me bornerai à citer le principal passage^ : < Le premier président de Novion était un homme vendu à l'iniquité, à qui l'argent et les maîtresses obscures faisaient tout faire'. On gémit longtemps au palais de ses caprices, et les plaideurs de ses injustices. Devenu plus hardi, il se mit échanger les arrêts en lessignant, et à prononcer autrement qu'il n'avait été opiné à l'audience. A la fin, des conseillers étonnés que tout un côté eût opiné comme ils avaient ouï prononcer, en demandèrent raison à leurs confrères. Ceux-ci à leur tour furent étrangement surpris ayant cru que ce côté avait pris l'opinion qui avait formé l'arrêt, lequel se trouva ainsi de la seule voix du premier président^; leur attention se réveilla, et ils trouvèrent que la même chose n'était plus rare. Ils s'informèrent aux rapporteurs et aux greffiers. Ces derniers s'étaient bien souvent aperçus de quelque chose; mais ils n'avaient osé parler. Enfin, encouragés par les conseillers, ils revirent les arrêts des procès par écrit, signés par le premier président; ils les montrèrent aux rapporteurs; il s'en trouva plusieurs d'extrêmement altérés. Les plaintes en furent portées au roi et si bien prouvées , qu'il commanda à Novion de se retirer. II. vécut encore quatre ans dans l'abandon et dans l'ignominie, et mourut à sa campagne sur la fin de

1. Voy. plus haut p. 90, et surtout p. 94, la séance du Parlement en 1715.

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