Mémoires de SaintSiniGn, tome IV, p
3. le ne prétends pas me faire le défenseur du premier président de Novion; je me bornerai à signaler des invraisemblances dans le récit de Saint- Simon , et à opposer à ses assertions des témoignages contemporains.
4. ^«e récit n'est pas admissible et porte avec lui sa réfutation. Le vote avait lieu à haute voix. Comment admettre que le parlement ait été distrait au point de ne pas s'apercevoir que le premier président dictait un arrêt contraire à Tavis unanime des conseillers? Saint-Simon a tellement dépassa les bornes du vraisemblable qu'il se réfute lui-même.
1693 à soixante-treize ans (soixante-quinze d'après les biographies). Nous verrons son petit-fils en la même place, trèi' indigne de toutes celles par lesquelles il passai >
11 est très-probable que l'aïeul a porté ici la peine de l'opposition que le petit-Ols avait faite aux prétentions de Saint- Simon, et 4ue la dernière ptirade explique lés violentes attaques contre Nicolas Potier de Novion et les anecdotes 8i peu vraisemblables racontées par l'historien. Il ne faut pas oublier qu on attribuait au président de Novion, petit-fils de Nicolas Potier, le pamphlet contre les ducs et pairs où la noblesse des Saint-Simon était fortement contestée^. Ce qui est indubitable, c'est que ce président de Novion avait été le chef de l'opposition parlementaire dans la question da bonnet, que Saint-Simon avait tant à cœur. Outre les textes que j'ai cités plus haut', les mémoires de Mathieu Marais prouvent que le président de Novion avait soutenu une discussion très-vive contre Saint-Simon % qui n'avait pas eu l'avantage dans cette lutte.
Il est beaucoup plus difficile de connaître la vie intime des magistrats que celle des généraux et des courtisans. Les accusations posthumes de Saint-Simon sont donc presque impossibles^à réfuter, à moins qu*il ne cite un fait précis, comine il l'a faitpourle premier président de Lamoignon.Mais Terreur est si bien prouvée en cette circonstance qu'elle suffira pour rendre suspectes toutes les ai^sertions de l'historien, surtout lorsqu'il est établi qu'il avait des motifs de haine contre la famille des magistrats qu'il attaque et qu'on pourra opposera son témoignage d'autres témoignages plus impartiaux et plus rapprochés des événements. Or nous trouvons, dans la Correspondance de Bussy-Rabutin \ des lettres relatives à la
1. Voyez encore Mémoires de Saint- Simon , t. I, p. 141, et t V, p. 61.