CHAPITRE III
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Maladie de Saint-Simon (1704). — Sa haine contre les bâtards et en particulier contre le duc de Vendôme. — Elle éclate à l'occasion de la campagne de 1708 et des dissentiments entre le duo de Bourgogne et le duc de Vendôme. — Conséquences funestes de ces divisions. — Saint-Simon se déclare contre la cabale de Vendôme et soutient le duc de Bourgogne (1708-1709). — Il est à son tour vivement attaqué près du roi. — Il demande et obtient de Louis Xrv une nouvelle audience et se justifie des accusations portées contre lui (1710). — Protecteurs et amis que Saint-Simon s'était ménagés à la cour de Louis XIV.
Saint-Simon eut, en 1704, un abcès au bras, qui faillit entraîner des conséquences fâcheuses. li s'était fait saigner, parce qu'il sentait que le sang lui portait à la tête'. Pendant la nuit il éprouva une douleur au bras, que le chirurgien, qui l'avait saigné, attribua à une ligature trop serrée. En deux jours, le bras enfla avec accès de fièvre et violentes douleurs*. Son beau-frère Lauzun qui le trouva fort mal, insista pour qu'il consultât Maréchal, premier chirurgien de Louis XIV. Lauzun alla à Versailles le demander au roi, sans
% La marquise d'Huxelles parle, dians une lettre du 17 avril 1704, de la maladie de skint-Simon et de la faiblesse de na constitution : « Nous avons M. le duc de Saint-Simon fort en péril, lui étant survenu, en suite d une saignée, une tumeur au bras que l'on a ouverte crainte de la gangrène. Sa pHite e<mstitution fait appréhender que ce mal ne soit une corrupiion du dedans. » Apf^endieet au Journal de Dangeau, t. XVIII, p. 397.
la permission duquel le premier diirurgien ne pouvait ni s'absenter ni surtout coucher hors du palais. Louis XIY accorda à Maréchal l'autorisation de se rendre auprès du duc de Saint-Simon et même d'y séjourner. A peine arrivé, le chirurgien trouvant le bras très-enflé, fit une large incision qui prévint de plus graves accidents. Maréchal qui avait connu le père de Saint-Simon et qui était attaché à sa famille, pro* fita de cette occasion pour parler au roi en faveur du jeune duc et effacer pour quelque temps les fâcheuses impressions que Louis XIV avait reçues.
Mais Saint-Simon avait une intempérance de langue qui lui créait sans cesse de nouveaux ennemis. U détestait les bâtards autant que les princes étrangers. Dès le commencement de ses mémoires S cette antipathie éclate dans le récit du mariage du duc de Chartres, qui fut plus tard le Régent, avec une fille naturelle de Louis XIV. * Le roi, dit-il, occupé de l'établissement de ses bâtards, qu'il agrandissait de jour en jour, avait mariédeux de ses filles à deux princesdusang : Mme la princesse de Gonti. seule fille du roi et de Mme de La Vallière, était veuve sans enfants; l'autre, fille aînée du roi et de Mme de Montespan, avait épousé M. le Duc (Louis de Bourbon, fils du prince de Condé). Il y avait longtemps que Mme de Maintenon, encore plus que le roi, ne songeait qu'à les élever de plus en plus, et que tous deux voulaient marier Mlle de Blois, seconde filie du roi et de Mme de Montespan," à M. le duc de Chartres. > Tous les lecteurs des mémoires de Saint-Simon, se rappellent les scènes qui précédèrent le mariage, la colère de Madame, mère du jeune duc, et le soufflet retentissant qu'elle lui lança en présence de toute la I
cour;
Le duc de Vendôme, qui descendait d'un bâtard de Henri IV, n'était pas moins odieux à Saint-Simon que les bâtards de Louis XIV. Notre historien ne s'est pas contenté de flétrir |