Mémoires de Saint-Simon, t. IV, p. 28 et ëuiv
DES MÉMOia&S l>£/â'AINT'^ SIMON. . 5S5
homme, brun, bien fait, devenu gros en vieillissant, sans en être appesabU^avecnjOLe physionomie xive, ouverte, sortante et véritablement pn peu folle, à quoi la contenance et les gestes répondaient. Une ambition démesurée, qui ne s'arrêtait pas pour lesinoyopâ; vfi^ grande opinion de soi, qu*il n'a jamais guère communiquée qu'au roi; une galanterie dont l'écorce était toujours romanesque; grande bassesse et grande souplesse auprès de qui le pouvpit servir, étant lui-même incapable d'aimer ni de servir personne ni d'aucune sorte de reconnaissance. Une valeur brillante, une grande activité, une audace sans pareille, une effronterie qui soutenait tout et ne s'arrêtait pour rien, avec une fanlaronnerie poussée aux derniers excès et qui ne le quittait jamais. Assez d'esprit pour imposer aux sots par ^a propre confiance; delà facilité à parler, mais avec une abondance et une continuité d'autant plus rebutante que c'était toujours avec l'art de revenir à soi, de «e vanter, de se louer, d'avoir tout prévu, tout conseillé, tout fait, sans jamais, tant qu'il put, en laisser de part à personne. Sous une magnificence de Gascon, une avarice extrême, une avidité de harpie, qui lui a valu des monts d'or pillés à la guerre, et quand il vint à la tête des armées, pillés haut à la main et en faisant lui-même des plaisanteries, sans pudeur d'y employer des détachements exprès et de diriger à cette fin les mouvements de son arm(^e. Incapable d'aucun déta'l de subsistince, de convoi, de fourrage, de marche, qu'il abandonnait à qui de ses ofliciers généraux en voulait prendre la peinç^ mais s'en donnant toujours Thonneur. Son adresse consistait à faire valoir les moindres choses et tous les hasards. »
Saint-Simon jnsiste ensuite * sur l'ignorance du maréchal de Villars et son ineptie en affaires, sur son infatigable bonheur et sur sa vanité. Il termine en lui accordant quelques qualités' : « Parmi tant et de tels défauts, il ne serait pas