I. MéméireM êê SaiMSimùn, t. XUI, p. S
DES MâMOIBES I>Ë SAmtr-SIMON. «43
Sain^Simofi p«rid deuï fois de Radtad rdânailei^itonter {MrtMf^, il dit que Radne àtaii prêté m ptaMm m^dw de LuxembMfg à roeeasion du ptk)oè» cotllm Ie»ducB et pairs; dans le aecond Jl rècdnte une prdteadue distraetion de Racine en présence de IiOUis XIV et de Mme de MurneBon^Yokilé premier morceau * : « Le célèbre Racine^ si connu par ses pièces de théftfre et par la CMifiiissioti où il étuit enqAoyé pour écrire Ttiistoire du roi \ prêta sa beUè plume poôr polir les factums de M. de Luxembourg, et en réparef la Mcheresse de la matière par uti style agréable et orné, pour les faire lire avec plaisir et avec partialité aux ftMmes M aux courtisans. Il avait été attaché à M. de Seignela)^, était ami intime de Cavoye, et tous deux (Seignelay et Cavoye) l'avaient été dé M. de Luxembourg , et Cavoye l'était encore. » Les lettres de Racine prouvent que cet écrivain éthit depuis plusieurs années diiectement en relation avec fe maréchal de Luxembourg et qu'il avait eu à se looerde son accueil, lorsqu'il accompagna le roi b l'armée. Racial écrivait k Boileau, le SI mai 169S : « M. de Luxembourg, dès le premier jour que nous arrivâmes, eovôya dans not^ écurie un des plus commodes chevaux de la sienne peut m'en servir pendant la campagne. Vous n*avfz jamais vu Un homme de cette bonté et de cette magnificence. II est eii^ core plus à ses amis, et plus aimable à la tête de sa fbrmiu dable armée, qu'il n'est à Paris et à Versailles. «
Le second passage des mémoires de Saint-Simon où il est question de Racine* 'renferme une erreur que M. Sainte:- Beure a relevée dans l'introduction qu'il a mise en tête de l'édition publiée en 1956* : < Saint-Simon, dlt*il, impuiei Racine, en présence de Louis XIV et de Mme de Mainteiion, une distraction maladroite qui lui aurait f^it mal parler de
2. Il est inutile d'insister sur ce juppment littéraire qui met la réputation <le Racine poëte au même rang que sa réputation comme historiographe.
3. Mémoires de Saint-Simon, t. II. p. 271-212.-4. iifiA., l. I> p.ail.
.SAari;qn^:Aji,po.olr4Îrç,. c'est Deçpr^ux.quj eul ï4u^ ^'one foi9 çç.^p d/^t^açUçn. plaisante^ dans laquelle ^e critique s'éç|ia|)paiX ^àjtéiis qyç. Racine^ meilleur i^ouji[ti^ny |ui faisait tous les signes du monde sans qu'il les coipprU. > C*est <Jpi)c. bien, ^^ort.qjie Saint-Simon, après avoir fait.vwe n?rrftlipn picjJi^an.t^ de )a p^étendu^ distra^ctfon du poëte^larepirései^te cpmme,la çau^e de- sa disgrâce, < Oncques ilepuJ!^ ^oy^-t-i) *^.le roi ni Mqoe de Maiotenon ne parlèrent à Ra-
^çipe ni piême ne )e regardèrent. 11 en conçut un si profond ék^rî^, ({V:'à^^n tom^a eo langueur, et ne v^cut pas deux ^s (Içpuis, » Sjl Ton veut connaître les véritables causes de
jla^iJLj^il^e^dç jflacinjB, qu'on lise la lettre qu'il écrivait à Mnj^.^ç^ RjLaiî^t^pon le.4 mars 1 Ç99 ; « Oh.vept me laire passer,
Jui di,t;jlj,pour homme de cabale et rebelle à rJÉglise- * Ce fui G^^Q (icpusatiop dç jansénisme, qui enleva ii Racine les bçqqes grâces, du roi.
,, Sf(ipf-.Simpn cite, à la^ vérité, Bossuet, Mme de Sévigné, Ifi^ Fpnlaine, la Bruyère et Fénelon. Mais ce dernier est le
jS^ul^yr/eqpel il s'étende avec complaisance. Il fait revivre à nos yeux,, niieux que tous lesi portraits, ce * graapd iiomme
j^aigrç, bi^n|fajt,pâiet avec un grand nez, des jeux dont le feu çt iWril sortaient comme un.torrent, etc.* » Fénelon
, est un, çr^nd seigneur, l'ancien précepteur dufluc de Baur-
|gîo!gixf^ Ja^i 4^^'^^^^ Clievreu.se. C'est
^J^,çeti|re surtout qye Saint-Simon lui a dor^né Aine si Urg^ plice; Bossùel a quelques lignes d'une sincère et profonde adrjfjir^tionjrafiis son^rôje^ si imjgprtanj pour tout. le- siècle à'e Ijioi^ls XIV, ij'est saisi b\ caractérisé que dans sa. lutte
'contre Fënelon^^ Quelques mots su^ la Brjuyère îet laFonlairie s^pt inâjiffîpaalp/ Le genre d'esprit de Mme de Sévigné e^t délicatement apprécié ; mais Molière n*est pas même cité. Bourdaloue et Boileau sont à ppine menfionnés. Saint-gimon
f.'JMmDJ^M de S&int-SHnùtk, l. ir, p. 175. 2. Ibidem j t. XI, p. 438 et suiv.
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rie par^tt\pÈLB itièmô se douter* àeg' qtïéreïleii' iHtéfMres qui ôot agité îa fln'du règne de ^touîs J^lV. 1*ètf aàlt, la Mo thé, J. B. Rousseau ne lui àèmWent pas àij^es' d'attirer son attention. - ......' - m ^ i .j
tes littérateurs, au myîeu desquels jàainf-fehribh^a^Vécu pendant la régence et sous Lduls XV,sont compléfeméiif ouèt^és.Tlfen sur les Lettres persannes de Montesquieu,' qiciï )^àrûrént en 1721 et eurent un grand retéiitissémekit:' iSàîht- Sîmon prononce en passant le nom de Voltaîrt, îhaJs^Vec un profond dédain : * Àrouel, dit-ll à rannée nréStilô ii*ûn notaire qui Ta été de mon père et dé moi fusqu'à sb taôh, 'fut exilé et envoyé à Tulle, pour des vers fof t sàtïrhplres et fort impudents.' Je ne m'amusei*ais "jpas à manquer iiàe si petite bagatelle, si ce même Arouet,' devenu grand pôélè''it académicien* sôus le nom de Voltaire, n^étaît deVeriÙ, à trafvers force aventures tragiques, une sorte de persdhriage dans la république des lettres, et même une maniét'e d'^importarit (dans un certain monde. « Lé second'pafesage ést'eiicore plus déàaîgneux* : « Je né dirais pas ici''qu''Arôûet fût mis à la Bastille pour avoir fait des vers frès-ènVb'htésV ^âri's le nom que ses poésies, ses aventures et là raniaisîe ^u monde lui ont fait. Il était (ils du notaire de motî pèr'e, 'que j aï vu bi.en des fois ïôî apporter des actes à sfgrièK ïl 'nfavait jamais pu rien faire de ce fils libertin, dont ie Tîbehîiîâgea fait enfin la fortune sous le nom de VbItaLÎre,'quil;a pris pour d(?guiser le sien. » . ^' ' '' '^
A répoquç'oii Saint-Simon écrivait ces lîçne^,' Vbltàîjre avait déjà publié la flenriade, VHisloîre de thhrtés ili^ Zaîre^ le Temple du Goût^ la Mort de César y Àlzire, Étaliomtlj îfcropè, JÀ première édition du Siècle de Louis XlV allait parahfe
2. Voltaire n entra à TAcadémie française qu'en 1746. Ce passage est un de ceux qui peuvent servir à marquer répoq,ue ojà éiainl-Simon écrivait ses niémr)ires. \ .