‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 321 sur 328 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Saint-Simon nous apparaît, dans cette étude, comme un observateur ingénieux et sagace» un merveilleux peintre de portraits et un narrateur émînent Hes grandes scènes de la cour. Habile à sonder les profondeurs du cœur humain, il se place à côté de la Bruyère pour son talent à deviner et à peindre le courtisan. Un style nerveux, pittoresque et expressif dans sa barbarie donne du relief et de l'éclat à ses tableaux. 11 nous fait vivre dans cette société qu'il a ressuscitée, au moins pour les vingt dernières années du règne de Louis XIY. Eoûn les sentiments d'honneur, de probité, de patriotisme et de religion sincère, dont ses mémoires sont empreints, inspirent une haute idée de son caractère. Saint-Simon n'est pas un écrivain de profession, qui étale des convictions d'emprunt. C'est un homme vrai dans sa passion, qui a mis son âme dans son livre. Il y a là un souffle puissant qui entraîne le lecteur.

Les défauts sont aussi grands que les mérites : Saint-Simon ne comprend ni l'art militaire ni la politique. La France se réduit pour lui à la noblesse, la noblesse aux ducs et pairs, et les ducs et pairs à Louis de Rouvroi, descendant de Charlemagne par les comtes de Vermandois. Son patriotisme est sincère mais étrange; il n'a souci ni des états-généraux, ni de la bourgeoisie, ni du peuple, ni de la magistrature. Il ne voit que les abus de l'unité monarchique; il poursuit de

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