bûl., t. IX, p. 101. — 4. Ibid
&. /Wa., p. 103-104. - 6. Ibid., p. 106.
des nouvelles, se décida à retourner à Versailles'. Ses m<^moires nous font assister à toutes les vicissitudes de la maladie du Dauphin et aux diverses impressionsqu'en recevait la cour. Quant à lui^ il ne dissimule pas le chagrin qu'il éprouva en apprenant que le prince allait mieux. La duchesse d'Orléans était venue s'en entretenir avec lui': « Pour en parler franchement et en avouer la honte, elle et moi nous lamentâmes ensemble de voir Monseigneur échapper, à son âge et à sa graisse, d'un mal si dangereux. EUe réfléchissait tristement, mais avec ce sel et ces tons à la Mortemart*, qu'après une dépuration de cette sorte il ne restait plus la moindre pauvre petite apparence aux apoplexies; que celle des indigestions était ruinée sans ressource depuis la peur que Monseigneur en avait prise et Tempire qu'il avait donné sur sa santé aux médecins, et nous conclûmes plus que langoureusement qu'il fallait désormais compter que ce prince vivrait et régnerait longtemps. »
Pendant que la duchesse d'Orléans et Saint-Simon se livraient à ces charitables réflexions, la maladie faisait des progrès inattendus et d'une rapidité effrayante. On ne tarda pas à être informé à Versailles du triste état du Dauphin. Saint-Simon en éprouva une joie qu'il ne cherche pas à dissimuler^: « Ma délivrance particulière me semblait si grande et si inespérée qu'il me semblait, avec une évidence encore plus parfaite que la vérité, que l'État gagnait tout en une telle perte. » Il conserva cependant assez de liberté d'esprit pour observer la cour et en tracer un tableau qui est resté gravé dans l'esprit de quiconque a lu ses mémoires ^ Jamais les passions n'ont été scrutées et peintes avec plus de vigueur.
La mort du grand Dauphin ne délivrait pas seulement Saint-Simon du danger de voir sur le trône un prince entouré