‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 40 sur 328 · Wd., p. 240-24«. — 6. iWd., p. 280. - 7. Tbid., p · texte numérisé non relu

Wd., p. 240-24«. — 6. iWd., p. 280. - 7. Tbid., p

moiselle m'aperçut, elle s'écria, courut à moi, m'embrassa des deux côtés, et tout de suite me prit par la main, laissa là tout le monde, et du salon me mena dans l'orangerie qui y est contiguë. Là, en liberté de ce grand monde qui ne nous voyait que de loin, elle se répandit en remerctments dont ma surprise fut telle que je demeurai sans répondre. »

La duchesse de Saint-Simon eut sa part des félicitations et des remerctments, et malgré son opposition et celle de son miriS le roi la nomma dame d'honneur* de la duchesse de Berry. A cette occasion, Saint-Simon, si sobre de détails sur sa femme et ses enfants, laisse échapper un éloge de la duchesse où l'on sent une profonde conviction : « Il n'y avait point de femme, dit-il', qui eût jamais mérité ni joui d'une réputation plus pleine, plus unanimement reconnue ni plus solide que Mme de Saint-Simon sur tout ce qui forme le mérite des plus honnêtes et des plus vertueuses. 11 n'y en avait point aussi qui en usât avec plus de douceur et de modestie ni qui fût plus généralement respectée dans cet flge où elle était ni avec cela plus aimée, jusque-là que les jeunes femmes les moins retenues n'en pensaient pas autrement et n'en avaient pas même de crainte, malgré la distance des mœurs et de la conduite. Sa piété solide, et qui ne s'était affaiblie en aucun temps, n'étrangeait personne, tant on s'en apercevait peu et tant elle était uniquement pour elle. » Une pension de 20 000 livres et un logement des plus agréables au château de Versailles furent, comme le dit Saint-Simon*, les assaisonnements de la place de dame d*honneur.

Cependant au milieu même de ses succès, Saint-Simon était inquiet de l'inimitié de la puissante cabale qui entourait et dominait le Dauphin, Sis de Louis XIY. Mme la Duchesse, que le mariage de la Mademoiselle avec le duc de Berry avait exaspérée, régnait toujours dans la petite cour de Meudon.

1. Mémoires, t. VIII p. 251-253. — 2. TbtU, p. 300-309. 3. /Wd., p. 322-323. — 4. /Wd., p. 311. - 6. 7W4., p. 328.

Elle y avait pour auxiliaires Mile de Lislebonne , de la maison de Lorraine, et le duc d'An tin, personnages que Saint-Simon regardait comme ses ennemis personnels ^ Vainement il s'était efforcé de paralyser leur influence en se ménageant des amis auprès du Dauphin. Il n'avait pas réussi à gagner Mlle Ghoin*. Son unique ressource était un valet de chambre du Dauphin nommé du Mont, < lequel était sans force et sans esprit*. > Le danger devenait chaque jour plus menaçant. Le roi avait près de soixante -treize ans, et sa santé commençait à s'affaiblir. Le règne du Dauphin, ou plutôt de ses favoris, semblait imminent, c Je ne pouvais douter qu'ils ne me voulussent perdre, dit SaintrSimon*, et ce qui les excitait contre moi n'était pas de nature à s'émousser, beaucoup moins à pouvoir jamais me raccommoder avec eux. Cette cour de Meudon était hérissée pour moi 9e dangers et d'abtmes. »

Un événement imprévu vint tirer Saint-Simon de cette inquiétude. On apprit tout à coup à Versailles que le Dauphin était dangereusement malade*. Saint-Simon en reçut la nouvelle à la Ferté% où il était allé passer les fêtes de Pâques, suivant sa coutume, t Je compris, par ce qui m'était mandé de l'état de Monseigneur, que la chose en bien ou en mal serait promptement décidée. Je me trouvais fort à mon aise à la Ferté; je résolus d'y attendre des nouvelles de la journée. Je renvoyai un courrier à Mme de Saint-Simon, et je lui en demandai un pour le lendemain. Je passai la journée dans un mouvement vague et de flux et de reflux qui gagne et qui perd du terrain, tenant l'homme et le chrétien en garde contre l'homme et le courtisan, avec cette foule de choses et d'objets qui se présentaient à moi dans une conjoncture si critique, qui me faisait entrevoir une délivrance inespérée, subite, sous les plus agréables apparences pour les suites. *

Saint-Simon, tour.nenté par Téloignement et l'incertitude

Page 1