‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 50 sur 328 · Ibid., t. Il p. 197. - 8. Ibidm. — 9. XW., p · texte numérisé non relu

Ibid., t. Il p. 197. - 8. Ibidm. — 9. XW., p

de facilité et de solidité dans le travail, tant d*expédit1on, taat de subite connaissance des hommes. ni plus de tour à les prendre. Avec ces qualités, une simplicité éclairée et une sage gaieté surnageaient à tout et le rendaient charmant en riens et en affaires. >

L*intimité entre le chancelier et Saint-Simon était telle que pendant plusieurs années Ponchartrain le força d'accnpter un appartement chez lui. Presque tous les soirs Saint-Simon allait s'entretenir avec le chancelier dans son cabinet ^ 11 le visitait souvent à sa campagne et était son conseiller dans les affaires les plus délicates*. Souvent leurs conversations roulaient sur des affaires d*État. Saint-Simon se vante d'avoir sauvé le duc d'Orléans en montrant au chancelier les inconvénients d*une procédure criminelle à Toccasion de la prétendue .conspiration contre le roi d^Espagne '. n discuta longuement avec lui les projets de règlement sur les rangs des ducs et pairs *, matière ou Saint-Simon était des plus compétents. EnGn lorsque la famille du chancelier, avertie de ses projets de retraite, voulut l'en détour* ner, ce fut à Saint-Simon qu'elle s'adressa ».

Ces relations journalières avec un chancelier de France, qui s'épanchait dans l'intimité, étaient une source féconde où l'historien puisait avec abondance. Pontchartrain avait suivi, dans les factions qui divisaient la cour, une autre direction que les ducs de Chevreuse et de Beauvilliers. Il se rattachait au parti qui avait pour chefs les maréchaux de Boufflers et d'Harcourt •, et que soutenait la puissante influence de Mme de Maintenon. Par Boufflers et par Ponchartrain, Saint-Simon était instruit des résolutions de cette cabale '. La VriUîère, parent de Ponchartrain et secrétaire d'Etat de la maison du roi, était aussi des amis intimes de

1. Mémoires, t. VII, p. 319. — 2. Ibid., p. 430, et t. XI, p. 113. 3. /Wd., t. VIK p. 320-3Î1. — 4. lètVt, t. iX, p. 188-189. b.Ibid.yt Xl> p. 113. ^ 6. ibid., t. VU, p. 271. 7. iWd., p. 297.

Saint-Simon, mais son rôle était beaucoup moins important que celui du chancelier.

Chamillard, qui réunit pendant plusieurs années les ministères des Gnances et de la guerre, témoignait ausst à Saint- Simon une vive affection et le servit utilement dans les circonstances critiques *. C'était par ses conversations avec (>hamillard que Saint-Simon était informé de tout ce qui concernait le duc de Bourgogne %et des mouvements de la cabale qui se forma contre ce prince, pendant la guerre de Flandre. Lorsque plus tard Chamillard fut menacé, Saint- Simon s'empressa de l'avenir '. Il lui resta fidèle dans sa disgrâce au point de se compromettre *. « Je le reçus à la Ferté, dit-il *, avec des fêtes et des amusements que je ne lui aurais pas donnés dans sa faveur et dans sa place, mais dont je n'eus pas de scrupule, parce qu'il n'y avait plus de cour à lui faire, ni rien à attendre de lui. »

Les filles de Chamillard et le duc de La Feuillade, son gendre, étaient également liés avec Saint-Simon. Le duc de La Feuillade, courtisan assidu de Mlle Choin ', connaissait à fond la petite cour de Meudon, et en révélait les intrigues à Saint-Simon. Les duchesses de La Feuillade et de Lorges, filles de M. de Chamillard, n'avaient pas de secret pour notre historien, et c'était un des canaux par lesquels il était le plus, sûrement informé. « Les filles de Chamillard, dit-il ', avec qui j'étais en toute confiance, me mettaient au fait de miUe bagatelles de femme, souvent plus importantes qu'ellesmêmes ne croyaient. »

Je ne parle pas de Torcy, parce que Saint-Simon ne se lia avec ce ministre que pendant la régence. Mais on voit qu'il s'était ménagé des yeux et des oreilles pour percer le mystère qui entourait le conseil de Louis XJV. Il y avait des

1. Mémoires, t. IV, p. 72-74 et p. 225. — 2. Ibid., t. VI, p. 355.' 3. Ibid., t. VII, p. 239. — 4. Ibid,, p. 270. — 5. Ibidem. 6. Ibid., l. VII, p. 230. — 1. Ibid., l. IV, p. 75.

sanctuaires encore plus intimes pour me servir du mot même qu'emploie Saint-Simon % c'était Tappartement de Mme de Maintenon et les cabinets particuliers du roi. Là aussi il avait des alliés, dont l'intelligence égalait le dévouement. Mmes de Levi, de Nogaret, du Châtelet, dames du palais, la duchesse de Villeroi , l'informaient de tout ce qu'elles découvraient ". Saint-Simon s'appuie souvent sur leur témoignage. Dès 1702, il parle de ses relations avec les dames du palais et avec la duchesse de Villeroi '. Il pénétra quelquefois par leurs indiscrétions des secrets d'État qu'elles avaient surpris dans le cabinet de Mme de Maintenon. C est ainsi que par la duchesse de Villeroi et son mari , amis intimes de Mme de Gaylus, il apprit que le maréchal d'Harcourt devait être nonmié ministre * et parvint à faire échouer cette combinaison.

Il faut s'arrêter un instant sur ces confidentes de Saint- Simon. Au premier rang était la duchesse de Villeroi. Elle était fille d'un ministre, que Saint-Simon a poursuivi de sa haine, du marquis de Louvois, et petite-fille du chancelier LeTellier. « C'était une personne " droite, naturelle, franche, sûre, secrète, qui, sans esprit, était parvenue à faire une figure à la cour et à maîtriser mari et beau-père. Elle était haute en tous points, surtout pour la dignité, en même temps qu'elle se faisait une justice si exacte et si publique sur sa naissance et même sur celle de son mari, qu'elle en embarrassait souvent. Elle était fort inégale, sans que pour ce qui me regarde, je m'en sois jamais aperçu. Elle avait de l'humeur; son commerce était rude et dur. Elle tenait làde>sus de sa famille ^ Elle avait des amis et des amies ; elle

Page 1