Tome I, p. 27 , 28 et 29. — 6. Valet de chambre du roi
Maintenon, qu'elle avait connue chez Mme de Montespan et à qui elle s'attacha à mesure qu'elle yit arriver et croître sa faveur. »
Mme de Blansac fille de la maréchale de Rochefort^ surpassa sa mère en tout genre ^ : « On ne pouvait avoir plus d'esprit, plus d'intrigue^ plus de douceur, d'insinuation, de tour, de gr&ce dans l'esprit, une plaisanterie plus fine et plus salée, ni être plus maîtresse de son langage pour le mesurer à ceux avec qui elle était. C'était en même temps de tous les esprits le plus noir, le plus dangereux, le plus artificieux, d'une fausseté parfaite, à qui les histoires coulaient de source avec un air de vérité, de simplicité, qui était prêt à persuader ceux même qui savaient, à n'en pouvoir douter, qu'il n'y avait pas un mot de vrai. Avec tout cela une sirène enchanteresse, dont on ne se pouvait défendre qu'en la fuyant, quoiqu'on la connût parfaitement. Sa conyersation était charmante, et personne n'assénait si plaisamment, ni si cruellement les ridicules, même où il n'y en avait point, et comme n'y touchant pas ; au demeurant plus que très-galante tant que sa figure lui avait fait trouver avec qui, fort commode ensuite, et depuis se ruina pour les plus bas valets. Malgré de tels vices, et dont la plupart étaient si destructifs de la société, c'était la fleur des pois à la cour et à la ville. Sa chambre ne désemplissait pas de ce qui y était de plus brillant et de la meilleure compagnie ou par crainte ou par enchantement. > Mme de Maintenon avait fait exiler de Versailles cette dangereuse sirène, dont elle redoutait l'esprit et l'intrigue; elle voulait absolument l'éloigner du roi, si l'on en croit Saint-Simon '.
Ce qui est certain, c'est que Mme de Blansac était à Paris le centre d'une société brillante, et que Saint-Simon y était des plus assidus. C'était là et chez la maréchale de Rochefort qu'il apprenait une partie des anecdotes dont il nous a con-