‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 71 sur 328 · Ikid., t. XX, p. 6 et sttiv · texte numérisé non relu

Ikid., t. XX, p. 6 et sttiv

léans l'accuellit avec bienveillance*, et le logea splendidement dans le château neuf de Meudon '. Mais ce prince n'était plus à cette époque que Tombre de lui-même. Saint- Simon rappelle l'impression que sa vue fit sur lui* : « Je vis un homme la tête basse, d'un rouge pourpre, avec un air hébété, qui ne me vit pas seulement approcher. Ses gens le lui dirent : il tourna la tête lentement vers moi sans presque la lever, et me demanda d'une langue épaisse ce qui m'amenait. » Peu de jours après, Saint-Simon apprit que le duc d'Orléans venait d'être frappé d'une attaque d'apoplexie*. Ce fut pour lui un coup terrible : il ne perdait pas seulement un ami auquel il était sincèrement attaché ; mais encore il voyait s'évanouir à jamais les espérances plus ou moins chimériques qu'il avait si longtemps nourries. Sa carrière politique était terminée.

Pendant les huit années où Saint-Simon joua le rôle que nous venons de retracer, il ne négligea jamais les mémoires quMl avait commencés : ses relations avec Torcy lui permirent de connaître beaucoup de détails de la politique extérieure qui lui avaient échappé. Nous avons vu que, pendant son voyage en Espagne, il s'était procuré sur ce pays des renseignements précieux. Louville, qui avait rempli des missions diplomatiques près de la cour d'Espagne, avait contribué à compléter ses informations. Les relations de Saint-Simon avec Joly de Fleury, qui avait succédé à d'Àguesseau comme procureur général du parlement de Paris, avaient été fécondes en communications intéressantes^ Il n'avait pas même dédaigné de pénétrer dans les alcôves des maîtresses du régent pour surprendre des secrets d'État*. Libre maintenant des affaires publiques, il va consacrer les trente dernières années de sa vie, à com-

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