‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 78 sur 328 · Ibid.^ t. XII , p. 356 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid.^ t. XII , p. 356 et suiv

3. la note suivante résume la vie du fîls aîné de Saint-Simon : Jacques- Louis, duc de Saint-Simon par la démission de son père, en 1722, appelé due de Kuffec, et auparavant le vidame de Chartres, né à Paris le 29 juillet 1698, avait été fait mestre de camp d'un régiment de cavalerie portant le nom de Saint-Simon, et auparavant celui de Saint-Aignan , par commission du 25 septembre 1717 ; il accompagna, avec son frère, le duc, son père, en Espagne, fut nommé, par Philippe V, chevalier de Tordre de la Toison d'or le 20 janvier 1722, fait brigadier (général de brigade) des armées du Roi le 20 février 1734, mais sa santé ne lui permettant pas de servir, il se démit de son régiment au mois de mars 1735. 11 mourut à Paris le 16 juillet 1746, daoa sa quarante-neuvième année.

Il avait été marié le 26 mars 1727 avec Catherine-Charlotte -Thérèse de Gramont, veuve de Philippe*Alexandre prince de Bournonville, comte de Hënin, baron de Caumont, marquis de Richebourg, mort le 5 janvier 1727, et fille de feu Antoine de Gramont, pair et maréchal de France, colonelgénéral du régiment des gardes françaises, gouverneur pour le Roi en Navarre et Béarn, et de Marie-Christine de Noailles sa veuve. De ce mariage est née Marie-Christine-Chrétienne de Saint-Simon, née à Paris le 7 mai 1128, mariée le 10 décembre 1749 à Charles-Maurice Grimaldi, comte de Valentinois.

établissements. Malgré cette difiérence totale, oi lui ni les siens ne purent supporter cette situation avec moi. »

La scène de la réconciliation eut lieu à l'archevêché, où le cardinal de Noailles, tenant le duc de Noailles par la main, dit à Saint-Simon *■ : « Monsieur, je vous présente mon nevea que je vous prie de vouloir bien embrasser. » Je demeurai froid tout droit, ajoute Saint-Simon ; je regardai un moment le duc de Noailles, et je lui dis sèchement : « Monsieur, .M. le cardinal le veut, » et j'avançai un pas. Dans riniâtanl le duc de Noailles se jeta à moi si bas que ce fut au-dessous de ma poitrine, et m'embrassa de la sorte des deux côtés. Gela fait, je saluai le cardinal, qui m'embrassa ainsi que ses deux nièces (la maréchale de Gramont et Mme de Beaumanoir), et je m'assis auprès d'eux avec Mme de Saint-Simon. Tout le corps me tremblait, et le peu que je dis dans une conversation assez empêtrée fut la parole d'un homme qui a la fièvre. On ne parla que du mariage, de la joie et de quelques bagatelles indifférentes. Le duc de Noailles, interdit à l'excès, m'adressa deux ou trois fois la parole avec un air de respect et d'embarras; je lui répondis courtement, mais point trop malhonnêtement. Au bout d'un quart d'heure, je dis qu'il ne fallait pas abuser du temps de M. le cardinal, et je me levai. Le duc de Noailles voulut me conduire ; les dames dirent qu'il ne fallait point m'importuner ni faire de façons avec moi; et je cours encore. Je revins chez moi comme un homme ivre et qui se trouve mal. En effet, peu après que j'y fus, il se fît un tel mouvement en moi de la violence que je m'étais faite, que je fus au moment de me faire saigner; la vérité est qu'elle fut extrême. »

Saint-Simon raconte ensuite comment il éluda les sollicitations de sa belle-fille qui aurait voulu que le duc de Noailles pût être reçu à la Ferté. En un mot, la réconciliation ne fut qu'apparente. Saint-Simon conserva toute sa

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