Mnotrer du due de LuyfMf , t. IV, p
chesse de Saint-Simon mourut, il y a quelques jours, à la Ferté ; elle avait environ soixante ans. Elle avait été dame d'honneur de Mme la duchesse de Berry ; elle était respectable par sa vertu et sa piété ; c'est une grande perte pour cette maison. Elle est morte d'une fluxion de poitrine accompagnée de fièvre maligne. M. le duc de Saint-Simon est allé passer quelques jours dans Tabbaye de la Croix, chez Tabbé de Mathan, qui est extrêmement de leurs amis et depuis longtemps. M. le duc et Mme la duchesse de RuIBfec sont allés à la Ferté sur la nouvelle de cette maladie. M. le marquis de RufTec, qui souffre toujours de grandes douleurs de goutte dans TestomaCy n'a pu sortir de Paris. »
Saint-Simon revint à Paris dans les premiers jours de février 1743. Il voulut marquer fortement sa douleur par des signes de deuil ^ : c non seulement, dit le duc de Luynes, il a fait tendre de noir son antichambre, suivant l'usage ordinaire ; mais il a voulu que sa chambre à coucher et son cabinet fussent tendus de gris et que son lit fût gris. Ordinairement il n'y a que les femmes veuves qui soient meublées de cette manière. Il compte aussi porter le deuil un an, quoiqu'il soit réduit à six mois pour les hommes, M. le duc de Charost se souvient qu'à la mort d'une de ses femmes il a eu un lit noir, dans lequel même il couchait. Cependant pour les hommes, il n'y a communément que l'antichambre tendue de noir, et pour les femmes un lit noir, mais dans une chambre de parade. »
La mort de Mme de Saint-Simon ne fut pas seulement pour son mari une perte d'affection. Cette femme prudente dirigeait les affaires d'intérêt, auxquelles Saint-Simon, d'après le témoignage du duc de Luynes, ne comprenait rien. Aussi après la mort de sa femme, sa fortune, qui était depuis longtemps embarrassée, fut si mal conduite, qu'il mourut insolvable. Les mémoires du duc de Luynes donnent des