Mémoiret du due de LuifneSj t. XIII, p
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ordinairement quelques mois à Angervilliers, terre appartenant à sa femme. Quinze jours ou trois semaines avant sa morty il lui prit un vomissement affreux et on le crut perdu. Il avait été un peu mieux, et enfin il mourut tout d'an coup.
Ainsi Saint-Simon ne trouva guère dans sa famille que des sujets de chagrin. Il n'en parle pas dans ses mémoires, et c*est à peine s'il laisse deviner par quelques mots les déplaisirs que lui causa un gendre dissipateur. Quant aux relations de monde et d'amitié, il ne lui en restait guère. Dès 1719, il annonçait que la mort ou l'éloignement de ceux par lesquels il avait été particulièrement instruit le privaient des renseignements les plus authentiques. « Je ne veux et ne puis écrire, sgoutait-ilS que ce qui a passé sous mes yeux ou ce que j'ai appris de ceux-là même par qui ont passé les affaires. J'aime mieux avouer franchement n.on ignorance que de hasarder des conjectures qui sont souvent peu différentes des romans; c'est où j'en serai réduit désormais; mais je préfère la honte de Tavouer et d'en avertir à me faire de déplorables illusions et tromper ainsi mes lecteurs, si tant est que ces mémoires voient jamais le jour. >
Cependant Saint-Simon, retiré à Paris, n'avait pas rompu toutes ses relations avec la cour, et il en forma de nouvelles avec la ville. Il comptait encore parmi ses amis le comte de Coigny, qui devint maréchal de France en 1741 et duc en 1747. Jamais, au milieu de ses grandeurs, le duc de Coigny n'oublia les services que Saint Simon lui avait rendus à l'époque de la régence. « Je leur dois la justice, dit-il en parlant de Coigny et de sa femme •, qu'ils vivent encore aujourd'hui avec moi avec toutes les recherches, les attentions et l'amitié possible, et la plus déclarée, sans aucun des mé-
2. Ibid., t. XIV, p. 35 Cette partie des mémoircb a clé écrite après 1747.
nagements que les changements des temps et des choses ont produits. »
SaiDt*Sin)on était aussi en relation avec Louis de Brancas, marquis de Céreste, qui devint maréchal de France en 1740 et vécut jusqu'en 1750. Il le cite dans ses mémoires comme un des personnages de la cour auquel il doit d'utiles renseignements ^
Le duc de Luynes, dont les mémoires sont la principale source pour la famille de Saint-Simon, était lié étroitement avec lui. On voit par ses mémoires, qu'il consultait souvent, sur des questions cérémonial*, Saint-Simon, dont l'avis faisait autorité dans ces matières. Lorsque les ducs et pairs demandèrent à Louis XV d'être rétablis dans leurs anciens droits et furent obligés de produire des faits à l'appui de leur requête, ils s'adressèrent à Saint-Simon pour qu'il les aidât de ses conseils'. Il ne s'y refusa pas, mais la correspondance qu'il entretint à cette occasion avec le duc de Luynes prouve qu'il ne comptait guère sur le succès et que son caractère était devenu de plus en plus morose. Il lui écrivait de La Perte le 18 avril 1746*: « Ce que vous ne vous lassez point de me proposer, monsieur, est de troquer de l'argent comptant contre des fiches ; encore des iiches peuvent-elles amuser un enfant, mais du travail pour des châteaux en Espagne évidemment tel, et pour des gens qui en ont usé avec moi comme vous savez, et qui, pour me faire dépits et pics, se sont arraché le nez et les yeux à eux-mêmes et en sont demeurés mutilés et déflgurés au point où on les voit et nous avec eux, qui en dernier lieu me demandent un éclaircissement que je leur envoie sur-le-champ, et ne prennent pas seulement la peine de me remercier de la peine et de la promptitude, ni de me dire s'ils sont contents ou non