bid., t. YIII, p. 339. — 3. Ibid., p
4. La comtesse de Yalentinois mourut en 1774 sans laisser de postérité et avec elle s'éteignit la branche des Saint-Simon, à laquelle appartenait l'auteur des mémoires.
Armand-Jean de Saint-Simon, marquis de Ruffec, second fils de Saint*Simon, était d'une santé déplorable et s'éteignait lentement. Sa longue agonie se termina le 20 mai 1754. Il était dans sa cinquante-sixième année'. Il avait eu la goutte dès Tâge de vingt-trois ans; on lui avait conseillé, pour prévenir les attaques de ce mal, de faire usage d'une poudre I composée d'extrait d'amères. Le chevalier de Luynes, frère i de M. de Grimberghen, avait fait usage de cette même pou>- j dre, et on prétendait que les suites de ce remède avaient été [ la cause de sa mort. Le marquis de RufTec, par l'effet de cette poudre, ou par celui des sels purgatifs qui se trouvèrent de mauvaise qualité, eut une maladie terrible avec des douleurs d'estomac si violentes qu'on l'entendait crier de la cour de la maison qu*il habitait. Le fameux Silva, médecin de M. et de Mme de Saint-Simon, travailla inutilement plusieurs années à guérir cette maladie; il ne put que donner quelques soulagements. Depuis, la faculté tenta sans succès toutes sortes de remèdes ; l'état de M. de Ruffec devint toujours plus ficbeux : il était parvenu au point de ne pouvoir prendre presque aucune nourriture ; le bouillon, la viande, le pain, le fruit, tout lui faisait des maux affreux; il ne vivait que de deux ou trois petitei^ tasses de lait qu'il pn nait chaque jour, lorsqu'il y était contraint par un besoin pressant, et quelquefois il mettait sept ou huit heures d'intervalle d'une tasse à l'autre. Malgré ce peu de nourriture, il était obligé de se purger tous les quinze jours; mais cette purgation ne pouvait être que de deux ou trois pintes d'eau chaude dont il remplissait son estomac; après quoi il était encore obligé de se faire vomir. Cet étrange régime n'empêchait pas totalement les douleurs, mais les rendait moins fréquentes et moins vives. On peut juger de la faiblesse où il était réduit; cependant il sortait encore dans Paris quelquefois , et à la campagne il y avait des moments où il pouvait un peu se promener. Il passait