‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 93 sur 328 · Journal deDangeàu, t. III, p. 361 et suiv · texte numérisé non relu

Journal deDangeàu, t. III, p. 361 et suiv

à la fois, vivant en petit roi chez lui, et néanmoins sans insolence, et. parlant librement de sa basse naissance, et de toute la distance qui était entre ceux qui étaient entrés dans son alliance et lui. Il vivait avec le chancelier % son père, avec un grand respect et une grande confiance, et avec sa femme ^ avec beaucoup de considération, et beaucoup de déférence pour ses parents et son alliance. »

Après avoir raconté une anecdote à l'honneur de Louvois, Saint-Simon passe à la contre*partie, comme il le dit. « M. de Louvois n'était pas bon ' à être premier ministre en plein, et il est fort douteux que son esprit, tout tourné aux détails et aux entreprises, eût ce vaste général, et cette combinaison immense qui est si nécessaire à un premier ministre pour tout embrasser, le digérer,le distribuer et l'administrer, plus douteux encore qu'il fût instruit des intérêts de tout ce qui compose l'Europe avec quelque suffisance, et qu'un esprit inflexible naturellement, comme le sien, eût pu manier des négociations avec quelque moelleuse adresse, même par interposition d'autrui. C'était un homme altier, brutal, gros^ sier dans toutes ses manières, comme sa figure le montrait bien, qui souffrait tout pour peser et résoudre quand c'était subordonnément avec lui S et fortcapable par sa supériorité de génie de saisir le bon et de s'y rendre contre son premier avis, de quelque part qu'il lui vint; mais qui était incapable d'aucun examen d'aucune discussion d'égal à égal, parce qu'il voulait être maître en tout et partout, qu'il ne voulait souffrir aucune résistance, et qu'il brisait les obstacles au lieu de les

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