Lettres à un An\éricain , t. XV, p
opposèrent plus tard « à l'exploitation de l'homme par l'homme, » formule devenue célèbre. Une fois la production proposée comme but final à l'activité humaine, Saint-Simon se trouva amené à diviser- les hommes en deux classes : les producteurs et les nonproducteurs, « les abeilles et les frelons^, î) ou encore « les travailleurs et les oisifs. » Au nombre des premiers, il rangeait les agriculteurs, les artisans ou les manufacturiers, les savants, les artistes^ ceux des avocats qui défendent les intérêts industriels, et le petit nombre de prêtres prêchant la saine morale. Dans l'autre camp, il comptait les nobles, les prêtres faisant consister la morale dans la crédulité aveugle, les propriétaires d'immeubles vivant noblement, c'està-dire sans rien faire, les juges qui soutiennent l'arbitraire, les censitaires qui lui prêtent leur appui, en un mot tous ceux qui s'opposent à l'établissement du système industriel. C'est cette antithèse des producteurs et des non-producteurs que Saint-Simon a exposée de la manière la plus piquante, dans un morceau célèbre, le meilleur qui soit sorti de sa plume et qui a reçu le nom de Parabole de Saint-