AVANT-PROPOS
Saint Théodore est une des figures les plus attachantes de la Byzance impériale, et la gloire de TEglise d'Orient au neuvième siècle. On a pu dire de lui qu'il fut Tun des derniers catholiques de Constantinople, le dernier peut-être des écrivains ecclésiastiques grecs qui n'ait point connu l'asservissement aux empereurs ; que son éloquence atteint parfois à l'éloquence de saint Jean Chrysostome et de Démosthène lui-même. Son ardente parole est toujours prête à signaler les périls de la foi et de la discipline catholique ; il défend la sainteté du mariage chrétien et l'intégrité de la morale évangélique en face de Constantin VI dont il stigmatise le divorce; il flagelle, sans hésitation, les dangereuses nouveautés doctrinales des théologiens au service du pouvoir civil ; il revendique courageusement, quelque haut prix que l'on offre à son silence, la liberté des consciences chrétiennes et l'indépendance de la sainte Eglise de Dieu.
Par son intelligence et sa fermeté, par sa parole et ses écrits, il est un chef incomparable, et non pas seulement des mille moines dont il est Yhigoumène^ c'est-à-dire l'abbé, ou mieux, le conducteur spiri-