AVANT-PROPOS. III
docteur œcuménique, colonne, soutien, bouche de l'Église, ange terrestre et homme céleste ». S'il n'obtint pas lui-même la couronne du martyre consommé, que ses vœux appelèrent tant de fois et auquel son héroïsme semblait le destiner, il eut du moins, touchante compensation de la Providence, la joie inexprimable de voir cette glorieuse auréole sur la tête de plusieurs de ses fils.
L'illustre confesseur, dont les pages qui suivent vont retracer la vie et les travaux, vécut h une époque troublée et douloureuse, dont les tristesses ressemblent étrangement à celles de notre histoire religieuse contemporaine. Il eût été facile de multiplier les comparaisons et de signaler de singuliers « recommencements » d'histoire, mais il a paru suffisant et préférable de marquer ici, d'un trait rapide, que de curieux rapprochements s'imposeraient à l'esprit du lecteur. Le monastère florissant dont Théodore était le chef et qui, sous sa direction, était devenu comme une oasis sainte et pure au milieu de la grande capitale mondaine, une véritable pépinière de savants et de saints, est, un jour, sur l'ordre du pouvoir impérial, occupé militairement; ses moines sont expulsés de vive force, et les vieillards jetés à la rue par la main des soldats ; ses biens sont confisqués au nom de la politique, et le couvent luimême est remis aux mains d'un faux-frère dont le prince récompense ainsi la défaillance et les dénonciations; et c'est un apostat qui excite et mène le mouvement antireligieux et organise la persécution contre ceux qui pratiquent encore la foi que luimême a quittée. Aussi, parfois, semble-t-il en lisant