‹ Saint Théodore (759-826)Chapitre 92 sur 94 · I. Cat,y · texte numérisé non relu

I. Cat,y

pensée du renouvellement spirituel produit dans les âmes fidèles par la soufiPrance et les mortifications de la vie monastique.

De même, et tout naturellement, avec l'été qui est le temps de la moisson, saint Théodore songe à la moisson spirituelle, qui est de toute saison : moisson de sciences, de zèle, d'obéissance, dont les greniers sont dans le Ciel.

On aura, sans doute, remarqué l'abondance facile avec laquelle les textes de la Sainte Écriture se pressent sur les lèvres ou dans les épîtres de saint Théodore, surtout les citations du Nouveau Testament, des Psaumes et des Prophètes. La lecture et l'étude du livre sacré devait être la principale occupation des moines ; c'est lui qui contient la règle de ce qu'il faut croire; et de ses pages inspirées découle ^i une vertu secrète qui satisfait aux diverses aspira- Il tions des âmes qui le lisent avec les sentiments ' qu'elles réclament. Théodore a laissé une catéchèse sur les dispositions qu'il faut avoir à la lecture ou à l'audition des Saintes Ecritures. « Nous avons tous, dit-il, des yeux et des oreilles, et cependant tous ne voient ni n'entendent, mais seulement ceux-là dont les yeux et les oreilles sont capables de voir et d'entendre. Aussi le Seigneur a-t-il dit dans l'Évangile : « Que celui-là entende, qui a des oreilles pour entendre » (Matth., xiii, 9). Et de ceux qui entendent J malaisément, le Prophète a dit : <c Dieu leur adonné l'esprit de componction, des yeux pour ne point voir, des oreilles pour ne pas entendre ». (Isa, vi, 9-10).

Il faut écouter avec attention, avec gravité, et non pas distraitement et au hasard ce qui est lu de l'Ecriture, afin de ne point tomber sous le coup de la menace divine, mais de pouvoir redire au

contraire la parole inspirée : « L'enseignement du Seigneur m'a ouvert les oreilles » (Is., l. 5). Celui qui écoute ainsi trouve dans l'Ecriture repentir et purification, joie, lumière, victoire, selon que le chantait David : « Réjouissez-vous, o justes, dans le Seigneur » (Ps. XXXII, i); celui-là regarde toutes les choses de ce monde comme une ombre fugitive, comme l'ordure même, afin de gagner le Christ. Il l'entend dire à ses disciples : « Je ne vous laisserai pas orphelins (Joan., xiv, i8). Je suis la vigne, vous êtes les rameaux (Joan., xv, 5). Vous êtes mes amis, si vous accomplissez mes commandements (Joan., XV, i4). Vous m'êtes demeurés fidèles dans mes épreuves, et moi je vous réserve un royaume éternel (Luc, XXII, 28). »

Lorsqu'il entend ces paroles et d'autres semblables, le chrétien qui aime Dieu non seulement se réjouit, mais, de plus, il souhaite chaque jour de mourir pour le Christ. C'est ainsi que vécurent tous les saints, c'est par de tels désirs qu'ils manifestèrent l'ardeur divine de leur âme. Et Théodore cite les paroles de Jérémie, de David, de l'apôtre saint Paul, des actes des Apôtres, puis il ajoute cette exclamation : « Ecoutons donc, mes frères, avec une grande attention ce que nous dit l'Ecriture; aimons d'amour notre Dieu si digne d'amour, rendons-lui grâce continuelle pour les bienfaits dont nous comble sa bonté, lui qui nous choisit, dès le commencement, pour faire notre salut dans la sainte vocation monastique, qui nous fait la grâce de le servir dans la foi orthodoxe, et de ne pas être entraînés par l'erreur. Que de chrétiens, en effet, sont attirés dans le mal, et trompés par la méchanceté des hommes, par l'astuce qui les emporte dans le piège de l'erreur I » (Eph.,

IV, 14.) Combien périssent de faim, « non pas de la faim du pain, ni de la soif de Teau, mais de la faim et de la soif d'entendre la parole de Dieu! » (Amos,

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