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Une autre fois, Thigoumène invile ses moines à contempler avec lui « la mer sans rivage des merveilles divines » dans la création, les puissances célestes et angéliques, l'indicible et incomparable beauté du ciel, séjour lumineux des apôtres, des prophètes, des martyrs, de tous les justes; la voûte du ciel, l'éclat du soleil, la splendeur de la lune, les chœurs des astres, et tout ce qui est offert à nos sens, non pas pour nous y attarder, mais pour nous faire voir, par le moyen de ces créatures, l'incorruptible beauté de Dieu créateur de tout ce qui existe. « C'est Dieu, dit encore Théodore, qui donnait h l'homme sa beauté, dans le paradis terrestre, en l'élevant à la dignité de son image et de sa ressemblance. Et, bien que la désobéissance nous ait souillés et obscurcis, de nouveau il nous a embellis par sa grâce ; il nous embellit encore par la virginité dont nous avons fait profession. Puisse notre âme demeurer toujours avec sa beauté, et mériter d'entendre dire : « Vous êtes toute belle, ô mon amie, et il n'est point en vous de tache » (Gant., iv, 7)*.
Saint Théodore, il est vrai, n'est point toujours sur ces sommets; mais les circonstances les plus ordinaires, les accidents même, en apparence, les plus vulgaires, lui sont une occasion de moraliser et d'élever les âmes à Dieu. Il s'était, un jour, blessé au pied. Il le dit à ses moines, et c'est le point de départ d'une gracieuse et charmante allocution sur les blessures, autrement périlleuses, qui menacent les âmes.
Le retour du printemps, après les rigueurs de l'hiver, ne manque pas de suggérer à l'higoumène la