‹ Saint Thomas d'AquinChapitre 33 sur 96 · LE DÉFENSEUR DES ORDRES MENDIANTS · texte numérisé non relu

LE DÉFENSEUR DES ORDRES MENDIANTS

Qttis consiirget adversus malignantes ':

Ps. XCIII, l6.

Qui se lèvera pour dissiper les complots de l'envie ?

E Moyen Age, qui vit éclore avec les Croisades les Ordres religieux militaires, assista pareillement à la naissance des Ordres mendiants.

Différentes sectes d'hérétiques, appelés Cathares, Vaudois, Albigeois, Frérots, infestaient alors TEurope, et, à la faveur d'une apparente austérité de mœurs, semaient parmi les foules des erreurs grossières. Ces faux réformateurs dénonçaient comme un scandale les revenus des églises et les richesses des monastères ; richesses qui étaient moins un gage de la piété, ou de la reconnaissance des peuples pour de réels services, que le fruit de la vie sobre des moines et de leurs travaux d'exploitation. Le faste d'un trop grand nombre de clercs, contrastant avec le détachement affecté de ces hypocrites, discréditait, d'autre part, le ministère de la parole de Dieu. II fallait donc, tant pour convertir ces fanatiques que pour prémunir les fidèles contre leurs séductions,

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des hommes au cœur d'Apôtre et à la vie manifestement pauvre et mortilie'e. Telle fut la pensée qui conçut et enfanta les Ordres mendiants.

Ne possédant point de terres, et vivant d'aumônes, les Religieux de ces Ordres s'adonnèrent au soin des âmes ; par l'exercice de la prédication et de la Confession, ils devinrent d'utiles auxiliaires pour le clergé séculier , en même temps qu'ils éclairaient l'Église par leur enseignement et par leurs écrits.

Les plus anciens Ordres mendiants : Carmes , Augustins, Frères Prêcheurs et Frères Mineurs, ne tardèrent pas à se concilierl'estime et l'affection des tidèles par leurs vertus et leurs travaux apostoliques. Les Papes leur accordèrent des faveurs spirituelles nombreuses, et les Princes chrétiens une honorable protection. Saint Louis, non content de les assister de ses royales aumônes, admettait parfois à sa table quelques-uns de leurs membres et s'inspirait de leurs conseils. Enfin il plut à Dieu d'illustrer leurs berceaux par une pléiade d'hommes éminents en savoir et en sainteté.

Cette prospérité, ce renom alluma bientôt le feu de l'envie. Des clercs séculiers, d'un mérite inférieur à celui des réguliers, ourdirent contre eux une persécution intestine, au grand scandale des fidèles, et au détriment de la justice non moins que delà charité. Ne nous étonnons point outre mesure de cette conspiration des passions humaines, en des ministres mêmes des autels; le divin Maître a pris soin de nous apprendre, par une ingénieuse parabole, que l'homme ennemi vient nuitamment semer l'ivraie

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