‹ Saint Thomas d'AquinChapitre 36 sur 96 · LE DEFENSEUR DES ORDRES MENDIANTS. IO · texte numérisé non relu

LE DEFENSEUR DES ORDRES MENDIANTS. IO

saient à leurs adversaires, une satisfaction trop marquée pour le succès de leurs travaux, les visites qu'ils faisaient à la cour des princes. Saint Thomas met à jour la malice qui fait retomber sur les nouveauvenus les malheurs prédits pour les derniers temps, et qui essaie de soulever les multitudes contre eux, en les présentant comme des loups rapaces, di faux prophètes, des envoyés ou des précurseurs de l'Antéchrist. Il conclut en ces termes : a Par ce que nous venons de dire avec l'aide delà grâce, pourrepousser les reproches des méchants, il demeure prouvé qu'il n'y a point de condamnation à craindre pour ceux qui ont l'esprit de Jésus-Christ, et qui vivent, non selon la chair, mais dans la pratique du bien, en portant la croix du Sauveur. Il serait aisé de faire retomber sur nos détracteurs les coups qu^ils veulent nous porter. Mais nous les réservons au jugement de Dieu, leur malice étant assez manifeste par tout ce qu'elle leur a fait vomir de venin, selon cet oracle évangélique : Comment p.ouve:{' vous proférer de bonnes paroles, mauvais comme vous êtes ? Car la bouche parle de V abondance du cœur. Si quelqu'un refuse de participer à leur iniquité, il sera un vase d'honneur, sanctitié, propre au service de Dieu, et préparé pour toute sorte de bonnes œuvres. Quant à ceux qui consentent à leur dérèglement^ et suivent en aveugles ces maitres aveugles, ils tomberont avec eux dans la fosse. Afin de nous en préserver, il suffira de remarquer ce que nous avons dit, avec le secours du Seigneur, auquel soit honneur et action de grâces dans les siècles des siècles. »

Ce livre, observe un ancien auteur, semble moins une production de l'esprit humain, que l'œuvre du

I08 LIVRE l^''. — VIE DE SAINT THOMAS.

Saint-Esprit remise àTAngélique Docteur par la droite du Très-Haut. « Il a toujours passé, dit Fleury, pour Tapologie la plus parfaite des Ordres religieux. »

Ajoutons une simple réflexion : que de préjugés répandus encore aujourd'hui contre la vie religieuse s'évanouiraient infailliblement, et que de haines gratuites tomberaient d'elles-mêmes, si l'on prenait soin de consulter loyalement ce traité magistral !

On entrevoit sans peine quelle fut l'issue du procès. Le livre de saint Thomas, présenté au Souverain Pontife, acheva déporter la conviction dans son esprit. Mais, avant de rendre son arrêt, le Chef de la famille chrétienne, en père équitable et en juge impartial, voulut entendre les parties. Guillaume de Saint-Amour et ses défenseurs essayèrent de soutenir leurs propositions;; les réponses des Docteurs orthodoxes achevèrent de mettre la vérité en peine lumière. Le libelle, déclaré inique, criminel, exécrable, fut livré aux flammes sur la place publique d'Anagni, et eut plus tard à Paris un pareil sort devant la multitude universitaire.

En même temps, Alexandre IV expédia une Bull» qui ordonnait à quiconque aurait un exemplaire de l'ouvrage condamné, de le brûler dans les huit jours, et cela sous peine d'excommunication. Peu après, le même Pontife adressa une lettre aux Prélats français, pour assurer contre quelques récalcitrants l'exécution de son décret. m

Des quatre docteurs qui s'étaient montrés les plus chauds partisans de Guillaume, deux se rétrac tèrent-^ sincèrement, et devinrentamis des Religieux, au point de choisir Téglise des Frères Prêcheurs pour le lieu d(

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