‹ Saint Thomas d'AquinChapitre 41 sur 96 · LE CHANTRE DE LA DIVINE EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

LE CHANTRE DE LA DIVINE EUCHARISTIE

dant qu'ils entendaient dévotement la Messe, les trompettes sonnèrent l'alarme, et nos braves capitaines de sortir en toute hâie pour se mettre à la tête de leurs troupes. Quelques heures après, ils revinrent, en possession de la victoire, et le prêtre, pour satisfaire leur piété, se mit à déployer le corporal dans lequel il avait serré les saintes hosties. Grande fut sa surprise de les trouver ensanglantées et tellement adhérentes au corporal qu'il ne put les détacher. Le camp était à égale distance de plusieurs églises. Comme on ne savait dans laquelle conserver le linge sacré, objet du miracle, on le plaça sur une mule, la laissant aller où la Providence la conduirait. La mule s'en vint droit à Daroca, et entrant dans la cour de l'hôpital, fléchit les genoux et expira, comme étant incapable désormais de servir à un usage profane.

La Sainte-Chapelle, à Paris, fut le théâtre d'un miracle plus célèbre.

Un jourde l'année i258, à l'Elévation, on aperçut^ au lieu de l'hostie, TEnfant- Dieu, ravissant de beauté et tout éclatant de lumière. Le prêtre, tremblant d'émotion, n'osait baisser les mains, de crainte devoir l'apparition s'évanouir. On lui soutint les bras, afin que le roi saint Louis, dont le palais attenait à la Sainte-Chapelle, pût venir contempler le prodigc Mais le Saint s'y refusa, en disant : « Que ceux qui a'^ne croient pas à la présence réelle de Jésus-Christ « aillent voir ce miracle. Quant à moi, je n'ai pas « besoin d'un tel témoignage pour affermir ma foi. »

Un troisième miracle, arrivé à Bolsena, ville de l'Etat pontifical, eut plus de retentissement encore.

Unprêtre, célébrant dansi'églisedeSainte-Christine^

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eut après la consécration un doute sur la présence de Jésus-Christ. Tout à coup le vin consacré prend la forme et la couleur du sang, il bouillonne, s'élance par-dessus les bords du calice, couvre le corporal de larges taches de sang, et tombe jusque sur les dalles du marche pied de l'autel. Le prêtre s'enfuit épouvanté. Il raconte le fait^ on accourt, on prévient le Souverain Pontife, qui était alors non loin de là, à Orviéto. Le Pape envoie un Légat et plusieurs prélats pour constater le prodige ; dans une procession solennelle on apporte à la cathédrale d'Orviéto ce corporal divinement ensanglanté, que Ton y vénère encore aujourd'hui.

L'institution de la fête du Très-Saint-Sacrement semblait déjà provoquée par ces faits merveilleux ; elle avait toutefois une raison plus profonde dans le cœur d'Urbain IV.

N'étant encore qu'archidiacre de Liège, Jacques Pantaléon avait connu particulièrement une Religieuse Bénédictine Hospitalière du couvent du Mont-Cornillon ; elle se nommait Julienne.

Cette sainte fille avait eu toute sa vie une dévotion singulière au Saint-Sacrement, et dès l'âge de seize ans, chaque fois qu'elle se mettait en oraison, il lui semblait voir la lune en son plein, mais échancrée dans une partie de son disque. Après de longs efforts pour écarter ce qu'elle croyait être une illusion du tentateur, Julienne pria Dieude lui donner lesens de cette vision. Il lui fut révélé que cette lune mystérieuse représentait l'Eglise, à laquelle manquait une fête pour honorer le Corps du Seigneur. En même temps lui était intimé l'ordre de faire connaître au monde les

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