DÉVOTION ENVERS LA SAINTE VIERGE. I
habitants de la gloire ; elle daigne aussi ne pas refuser la consolation de sa présence à ceux qui sont encore voyageurs sur la terre. Sans quitter son trône royal du ciel, elle aime toujours à regarder le lieu d'où elle y est montée... C'est elle, nous le croyons pieusement, qui avait obtenu de son Fils pour son Docteur cet immense trésor de science, en récompense du lis qu'il avait otfert à Dieu, et qu'il a conservé dans toute sa blancheur. »
Ces réflexions suggèrent à un autre serviteur de Marie, le cardinal Pie, d'illustre mémoire, les paroles suivantes, dans une hornélie prononcée à l'occasion du sixième centenaire de la mort de saint Thomas : « O Vierge puissante, ô la plus généreuse des mères, daignez demander aussi pour nous la pureté de l'âme et du corps, la blancheur du lis, avec l'abondance de la doctrine ! Daignez nous rassurer avant le passage suprême, avant la fin de notre exil, et nous donner votre certificat concernant notre science et notre vie : ipsum certificavit de vita sua et scientia. »
Il n'est aucun de nos lecteurs très certainement qui ne souscrive du fond du cœur à ce langage.
Habitué à converser dans les cieux, et à traiter avec les Prophètes, les Apôtres et les Pères de l'Eglise, saint Thomas avait conçu comme tout naturellement pour
ux une raredévotion; et dans cette simplicité qui n'est pas le moindre charme de son c iractère, il leur demandait à eux-mêmes des éclaircissements sur leurs écrits. Souvent sa confiance fut récompensée par de céles-
es apparitions. Les exemples trouveront place
lyS LIVRE II. VERTUS DE SAINT THOMAS.
dans le chapitre consacré à la science du saint Docteur.
Dévot à la personne des Saints, il l'était pareillement à leurs images et à leurs reliques.
Vers la fin de 1272, Thomas, accompagné de Frère Réginald et de Frère Tholomée de Lucques, vint au château de la A4olaria, non loin de Rome, pour saluer son ami, le cardinal Richard dei Annibaldi. Là, il fut saisi de la fièvre, avec Frère Réginald. Le Saint se rétablit promptement ; il n'en fut pas ainsi de son compagnon. « Thomas, dit le biographe que nous aimons à citer, Thomas vint à sa chambre^ pour le consoler et le réconforter dans le Seigneur. Après l'avoir exhorté à la patience, il lui conseilla de s'adresser à sainte Agnès, avec espoir certain d'en recevoir le bienfait de la santé. Lui-même implora les mérites de la vierge martyre auprès de Dieu. Prenant ensuite des reliques de la Sainte que par dévotion il portait toujours suspendues à son cou, il les déposa sur la poitrine du malade, et redoubla ses supplications. A l'instant. Frère Réginald se leva joyeux et plein de santé. Ce miracle fui attribué par les uns à la piété du Maître, par les autres à l'intervention de sainte Agnès. Il vaudrait mieux dire qu^il fut l'œuvre de l'un et de Tautre : les prières de la vierge martyre s'unirent aux instances du saint Docteur, et obtinrent pour le malade la grâce tant désirée. «
Large dans les effusions de sa piété, saint Thomas ne pouvait oublier les Saints de sa famille religieuse, et principalement le bienheureux Dominique, son Père. Nous l'avons vu assistant, à Bologne, à une translation des restes du saint Patriarche, et préludant par