PORTRAIT ET CARACTERE DU SAINT. 23 I
lant ne pouvait le regarder sans éprouver une consolation particulière: aussi Frère Eufranon de Salerne, qui jouit, dans tout l'Ordre des Frères Prêcheurs, d'une grande réputation, répétait-il souvent que chaque fois qu'il considérait le susdit Docteur avec une pieuse atiection, il retirait de sa vue et de sa conversation une grâce de joie spirituelle, preuve manifeste de la présence de TEsprit-Saint en son âme. »
Si défectueux qu'il soit, le résumé que nous avons présenté, dans ce livre, des Vertus de saint Thomas ^'^gzn'/z, contribuera sans doute à Tédilication de nos lecteurs et leur inspirera le désir d'imiter leur glorieux Patron. C'est le but pratique que nous nous sommes proposé.
Pour peu qu'on y réfléchisse, en écartant toutefois la partie miraculeuse de la vie du Saint, on reconnaîtra que ses actes de vertu se déroulent, pour la plupart, dans les conditions ordinaires d'une vie com.mune, et que leur continuité en fait principalement l'héroïsme. L'imitation en est donc à la portée de tous. A tous, comme à saint Thomas, est imposée la pratique des vertus chrétiennes et des devoirs de son état. A tous conviennent ces paroles de l'Apôtre : La volonté de Dieu est que vous soye:{ des saints. Tous, comme saint Thomas, ont l'obligation de la prière, delà participation aux Sacrements, de la dévotion à Jésus-Christ, à la Vierge Marie, aux Saints. Tous doivent être, comme lui, chastes, humbles, charitables. La jeunesse des écoles, à laquelle s'a-
dresse cet ouvrage, a pour devoir d'état Pétude. Or, si dans le ciiamp des lettres et des sciences, humaines ou divines, tous ne peuvent pas tracer un sillon aussi lumineux que Thomas dWquin , tous du moins peuvent, à son exemple^ sanctifier l'étude par la prière.
Enfin, s'il n'est donné qu'au petit nombre d'être apôtres, dans le sens réel du mot, apôtres par le sacerdoce et la prédication, plus que jamais en des temps agités comme les nôtres, tout chrétien, dans le monde, a le devoir de s'associer aux œuvres de zèle, et souvent de défendre par la parole, non moins que par l'action, la cause de Dieu, de l'Eglise et des âmes. Tout chrétien, dans le monde, a, plus immédiatement encore que le prêtre et le religieux, la douce obligation de faire rayonner au sein de la famille la salutaire influence de la vertu.
Telle est la conclusion à laquelle conduisent les enseignements et les traits contenus dans les neut chapitres de ce Livre second. Il ne nous reste plus qu'à voir dans le troisième, consacré à la glorification du saint Docteur, comment se vérifie l'oracle de Jésus -Christ : Quiconque s^ abaisse sera exalté.